Guerres d’égo, divergences artistiques, en 1985 rien ne va plus chez
Van Halen. Le divorce est prononcé entre
David Lee Roth et une formation au
sommet de sa gloire (succès interplanétaire de l’album
1984). L’emblématique chanteur, fort de l’accueil triomphal de
Crazy From The Eat (et la
reprise de Just a gigolo), recrute des musiciens quasi inconnus du grand public :
Billy Sheehan, bassiste de
Talas, Steve Vai, ex guitariste de Frank Zappa,
Gregg Bissonette, batteur de studio. Tout ce beau monde enregistre
Eat ‘Em And Smile, un incontournable du Big Rock U.S. Vai éclabousse de son
talent Yankee rose et
Tobacco road, et Sheehan prouve qu’il n’a rien à envier à son compère six-cordiste
(Shy boy, Elephant gun). L’énergie, l’humour, le côté festif, si chers à 'Diamond Dave',
alliés à la virtuosité des intervenants,
Eat ‘Em And Smile surclasse
allègrement le 5150 de
Van Halen. Pari osé, pari gagné!
Affichage des articles dont le libellé est Hard Rock. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hard Rock. Afficher tous les articles
Van Halen
Dans les années 60, James Marshall Hendrix, fait entrer la guitare dans une autre dimension, à coup de fuzz et de wah-wah, suscitant des vocations chez plusieurs générations d’apprentis hard rockers. Onze ans après ses premiers pas discographiques, un nouveau séisme vient secouer durablement la planète rock : la première production de Van Halen. Prenez un guitariste virtuose, une section rythmique pachydermique, un chanteur exubérant capable de chanter le blues sur Ice cream man, ou se la jouer soul/crooner sur Little dreamer, et vous obtenez une succession de classiques enregistrés en à peine trois semaine, sous la direction de Ted Templeman. Dès le second morceau, le bien nommé Eruption, on a compris qu’Eddie vient de marquer durablement d’une empreinte indélébile le milieu de la guitare, en en redéfinissant les règles. Pour couronner le tout, le quatuor se réapproprie You really got me qui atomise la version originale de The Kinks.
Baron Al Rojo Vivo
Barón Rojo fait partie des
légendes du Hard Rock espagnol. Formé en 1980 par les frères Armando et
Carlos de Castro, ce sera le premier groupe ibérique à connaitre le succès
hors de ses frontières (le quatuor se produira au prestigieux festival de
Reading en 1982). Pièce angulaire de leur discographie, souvent oublié des
spécialistes, Baron Al Rojo Vivo, enregistré lors d’une série de deux concerts dans leur fief madrilène, est
à classer parmi les meilleurs live de la décennie. La formation y est au sommet
de son art et de sa popularité, délivrant une prestation énergique, bourré de
feeling, et interprétant grand nombre de classiques :
Las flores del mal, Concierto para ellos, Résistiré, le tonitruant
Los rockeros van al infierno, point d’orgue de leur prestation devant un public surchauffé. Seul bémol de
cet album incontournable, le blanc qui sépare chaque morceau, nuit quelque peu
à la dynamique. Dommage!
Hilljack
Après avoir fait partie de
Salty Dog de 1986 à 1991 puis de
Dangerous Toys (1994-1995) Michael
Hannon (basse/chant) s’en va former
Hilljack avec Keith Pickens
(batterie) et Chuck Wolfe (guitare). Le trio sortira son unique album éponyme
en 1997. Le contenu musical proposé, est un hard rock tonique et crasseux, de
celui qui se joue dans les bars poisseux et enfumés, ambiance bourbon et
p'tites pépées. Plus rugueux que les formations susnommées, porté par la voix
éraillée de Michael, les titres s’enchainent dans un condensé de rock saturé
et bluesy. Pas original pour deux sous mais bougrement efficace. Les bases
sonores du futur
American Dog (Steve Theado
remplaçant Wolfe à la guitare) sont là. Trois morceaux présents ici,
Too damn sober, Just an alcoholic et
I’ll drink to that seront repris
plus tard sur le Six Pack d’American Dog. Si vous aimez Nashville Pussy, Hilljack est fait pour vous.
Titres recommandés:
Dogs of war
Out of the sun
Peer Günt
Le pays du père Noël n’est pas le plus réputé en matière de Metal, mais il sait nous distiller quelques groupes de qualité aux influences disparates : Children Of Bodom, Apocalyptica, Amorphis, Waltari ou Impaled Nazarene, le spectre stylistique est large. Peer Günt, trio fondé en 1976 par l’indéboulonnable guitariste/chanteur Timo Nikki, se démarque de ses compatriotes. Ici point de Metal, mais un Hard Rock Boogie à la personnalité affirmée, sorte de Georges Thorogood énervé aux relents d’un Status Quo dopé aux amphétamines. Le bien nommé I don’t wanna be a rock ‘n’ roll star plante le décor. On comprend que les finlandais n'ont aucune chance de figurer au Rock And Roll Hall Of Fame. Fuck the jazz résume la mentalité de musiciens qui récitent leur partition, sans aucune autre prétention que de nous faire passer du bon temps. Vous reprendrez bien un peu de Hard through the night ?
Live At Hammersmith '79
En 1979, déjà auteur de cinq albums studio et d’un double live,
Ted Nugent joui d’une solide
renommée, jusqu’à obtenir le statut honorifique et médiatique de guitar hero.
Plus populaire aux U.S.A. qu’en Europe, il s’embarque dans une tournée sur le
vieux continent, donnant 79 concerts en 85 jours. La réputation scénique du
bonhomme l’ayant précédée, on ne l’appelle pas le Motor City Madman pour rien,
il joue à guichet fermé au très célèbre Hammersmith Odeon de Londres.
Les promoteurs sentant le bon coup, demandent à Gonzo d’ajouter une autre
date. Il refuse à cause d’un emploi du temps chargé, suggérant plutôt de faire
un deuxième set le même soir (il en fera trois). Ce
Live At Hammersmith ’79 est
l’enregistrement de cette soirée. Initialement diffusé à la radio, il se
trouve maintenant gravé pour la postérité, 18 ans plus tard. A classer entre
Double Live Gonzo et Intensities In 10 Cities.
Hard 'N' Heavy
Anvil c’est avant tout l’histoire
de 2 potes de lycée, Steve « Lips » Kudlow et Rob Reiner, qui décident de se
lancer dans la folle aventure du Rock ‘N’ Roll. Le groupe émerge à Toronto en
1979 sous le nom de Lips pour se
rebaptiser Anvil en 1981. Avec
Hard ‘N’ Heavy, le quatuor annonce d’emblée la couleur sur le contenu de cette
première production. De Hard il est question avec
At the apartment qui flirte avec
AC/DC sans pour autant plagier,
tandis que Ooh Baby et
Bondage auraient pu figurer sur un
disque de Ted Nugent. Quant au Heavy il est présent sur le reste de l’album avec notamment un
Bedroom game qui sort du lot, et
une bonne reprise de Paint it black. Souvent cité comme influence par
Metallica, Anthrax ou
Slash, les Canadiens ne verront jamais leur carrière vraiment décoller malgré des débuts prometteurs.
Beat Me
Intégristes de True Metal hostiles à la diversité artistique et au mélange des
genres, épargnez-vous la lecture de ces quelques lignes. Pour les autres, je
ne sais pas par quelle note commencer cette chronique tant il est difficile de
qualifier la musique de ce Beat Me. On pense tour à tour à
Black Sabbath, Queens Of The Stone Age, Led Zeppelin ou
Pink Floyd… A la frontière du Hard Rock, du Stoner, et du Punk,
Electric Eel Shock nous délivre 11
perles de musique bruyante et déjantée accompagnés d'une reprise toute personnelle et
très réussie du Iron man de
Black Sabbath. Ajoutez à cela des textes non dénués d’humour comme I can hear the sex noise, ou
Rock & roll kills the blues, des musiciens qui maitrisent leur sujet et vous obtenez un album
rafraichissant, qui, à défaut de plaire à tout le monde, ravira les plus
ouverts d’entre vous.
Riot Live
J’ai découvert Riot sur la compilation Monsters Of Rock, où figuraient également Rainbow, Scorpions, Saxon et d’autres. Pourquoi je vous dis cela ? Tout simplement parce-que Riot Live est de la même teneur que le petit uppercut que j’avais pris en pleine poire, en écoutant Road racin’ sur la compil susnommée, sauf qu’ici c’est l’album complet qui vous met K.O. Sorti en 1989, la captation a pourtant eu lieu en 1980, lors d’un concert à l’Hammersmith Odeon. A cette époque, la formation New Yorkaise est à la croisée des chemins entre Hard Rock et Heavy Metal. Guy Speranza assure le chant aux côtés d’un Mark Reale inspiré, délivrant une prestation bourrée de feeling et d’énergie. Passé aux oubliettes, ce disque mérite vraiment le détour, rivalisant haut la main avec The Eagle Has Landed, Highway Song Live ou Baron Al Rojo Vivo, autres enregistrements en public incontournables du début des eighties.
Blitzspeer Live
Blitzspeer nous arrive de New-York. En décidant de sortir un live en guise de première livraison discographique, le groupe opte pour une démarche quelque peu singulière. Phil Caivano (guitares et chant) explique ce choix par sa volonté de mettre en avant l’énergie déployée par le groupe lors de ses prestations scéniques. Il ne se voit pas défendre un album studio qui risque de se noyer dans les méandres de la communication marketing d’une grosse maison de disque comme Sony/Epic. Ce Blitzspeer Live, à la croisée des chemins d’un Hard Rock à la Motörhead et d’un Heavy Metal pêchu, laisse une impression mitigée. Je ne retiendrai que trois compositions du groupe : City boy, qui ouvre le bal de façon énergique, l’oppressant Road machine, et un Sky high again accrocheur (mon préféré). Une reprise de Kick out the jams (MC5) clôture agréablement cet EP de sept titres, ni mauvais, ni transcendant.
Electric
Plantons le décor. 1987: la scène est partagée entre le Speed/Thrash d’un côté
et le Glam Metal de l’autre. Le rock dur façon
AC/DC ou
Motörhead ne fait plus recette,
ringardisé par une meute de jeunes loups au look féminisé, cheveux
permanentés, maquillés de la tête aux pieds et engoncés dans leur Spandex
moule burnes. Entre un Thrash jugé trop agressif pour ses oreilles fragiles et,
la musique sirupeuse pour adolescentes prépubères, proposée par les formations
de Hair Metal, le hardos n’y trouve pas son compte. Le salut viendra d’un
groupe quasi inconnu de la sphère hard :
The Cult. Arrivant directement du milieu Rock Gothique, Ian Astbury et Billy
Duffy s’adjoignent les services de Rick Rubin (producteur de
Slayer). Le résultat : un des meilleurs disques de Hard Rock de la décennie.
Morceaux à écouter en priorité : TOUS. A noter une reprise réussie de
Born to be wild.
Rose Tattoo
J’ai découvert le groupe
Rose Tattoo en 1982 avec le titre
Astra Wally. Figurant sur une cassette compilation de plusieurs formations soigneusement
sélectionnées par mon oncle, l’électrochoc auditif déclenché par ce morceau
fut tel, qu’aujourd’hui je signe mes articles sous ce pseudonyme. Mais
revenons à cette galette. Bien plus rageur que les premières productions
d’AC/DC, dans un style aux influences à peu près comparables, Angry Anderson et sa
bande nous assène en dix banderilles, l’œuvre ultime d’un groupe à la
discographie peu fournie. D’une rare violence pour l’époque,
Rose Tattoo (le disque) est aussi
indispensable pour les adeptes de rock dur, que les plus médiatiques et
populaires Machine Head, Toys In The Attic ou
Highway To Hell. En 2020, l’album se voit offrir une seconde jeunesse en étant réenregistré
sous le titre Outlaws et agrémenté
de morceaux supplémentaires. Angry Anderson reste le seul membre survivant
ayant participé aux deux versions.
Stay Hungry 40th Anniversary Edition
Avec deux albums à son actif en douze ans, Twisted Sister est loin des standards du moment. Alors que la formation rencontre un certain succès en Grande Bretagne, elle n’est pas franchement reconnue sur son territoire national. Paru le 10 mai 1984, Stay Hungry, leur troisième production, va faire basculer le destin des New-Yorkais. Grâce à la programmation soutenue de MTV, les titres We're not gonna take it et I wanna rock passant en boucle, Twisted Sister va enfin connaitre un succès largement mérité. Bien que cataloguée Hair/Glam Metal, la musique et surtout les prestations scéniques du groupe, lui valent le respect de tous. Faisant déjà l’objet de rééditions, cette version du quarantième anniversaire est agrémentée de deux titres issus des cessions d’enregistrement (Blastin’ fast and loud et Never say never), ainsi que d’un live capté à San Bernardino en 1984. Stay Hungry, le classique d’un groupe à son apogée.
Hooked
Qu’il soit Glam ou Thrash, le Metal, début 90, n’a plus la cote. Le Grunge balaye tout sur son passage. Fini les looks
extravagants de la scène Hair Metal, la mode est aux vestes de
bucheron. La jeunesse américaine, désabusée, se tourne vers une musique plus
directe et nihiliste à l’image du mouvement Punk de 1977. Dans ce
contexte, Hooked, cinquième album de Great White, annonce le déclin. Non pas que ce disque soit mauvais, bien au contraire.
Ici on navigue entre AC/DC (The original queen of sheba), et Led Zeppelin (Cold hearted lovin’) où la voix de Jack Russel (disparu le 15/08/2024) n’est pas sans évoquer celle de Robert
Plant. Ajouter à cela une excellente reprise de Can’t shake it
(Angel City) et le génial Congo square, on tenait une référence en matière de Hard Rock. Malheureusement, les
très dispensables balades
Lovin’ kind et
Afterglow viennent une peu gâcher
l’ensemble.
Pochette alternative à la précédente jugée trop sexy
One And Only
Bon an mal an, Anvil poursuit son petit bonhomme de chemin entamé 46 ans plus tôt. Fidèle à lui-même, le trio nous délivre 12 titres de ce qu’il sait faire de mieux : un mélange de ‘’Hard et Heavy’’ comme aux plus beaux jours de sa carrière. Ne cherchez pas l’innovation ou la surprise sur leur vingtième album, il n’y en a pas. Au menu de ce One And Only : le titre éponyme avec ses effluves d’un AC/DC métallisé, Fight for your rights et ses relents de Stone Cold Crazy (Queen), Dead man shoes aux émanations de Motörhead, Gold diamonds et Condemned liberty et leurs exhalaisons de Judas Priest. En arrière cuisine, la batterie et la basse montent la sauce pendant que le chef nous distille quelques riffs et soli bien sentis, assaisonnés de refrains efficaces. ‘’Anvil reste Anvil’’ et c’est pour ça qu’on l’aime ou qu’on le déteste.
Surfing With The Alien
Le Metal instrumental, à de rares exceptions, n’est pas ma tasse de thé.
Autant dire que j’aborde cette chronique avec une certaine dose de mauvaise
foi. Unanimement reconnu par la critique à sa sortie,
Surfing With The Alien ne me fait
ni chaud ni froid. Si je devais noter ce disque sur la maitrise et la
virtuosité de Joe Satriani, nul doute que j’aurais mis entre 4 et 5, sauf que pour moi, la musique est
avant tout une affaire d’émotions avant d’être une histoire de technique.
Quand j’écoute cet album il ne me procure aucune érection pilaire. Seuls
Satch boogie et
Circles ont réussi à me faire
secouer la tête et frémir les tympans. Maintenant à choisir entre le Metal
néo-classique ennuyeux d’un
Yngwie Malmsteen, autre adepte de la masturbation guitaristique rébarbative, et les mélodies
plus abordables du Satch, je choisis la musique du prof de guitare de Kirk
Hammet.
Pochette alternative de la réédition de 2018
Headhunter
Si les banques, le chocolat et les montres font la fierté de la Suisse, la
confédération peut se targuer d’avoir compté en son sein des formations dont
la réputation musicale a dépassé le simple statut de la notoriété locale.
Hellammer/Celtic Frost, Coroner, Samael, Gothard et
Krokus ont largement contribué à
porter haut et par-delà les frontières, l’étendard du Metal helvète. Souvent
traité comme un simple clone d’AC/DC, Krokus, avec Headhunter, a de quoi faire taire ses détracteurs. Le travail de Tom Allom (producteur
attitré de Judas Priest) confère à ce disque une véritable identité dès les premières mesures du
titre éponyme. Eat the rich, mid tempo efficace sera repris par David Ellefson (Megadeth) sur l’album No Cover, tandis que Ready to burn se
paie le luxe de voir Rob Halford venir pousser la chansonnette. Le meilleur
d’un Krokus à son apogée, le
groupe s’orientant ensuite vers une musique plus commerciale.
Another Way To Shine
Carnage, Carcass, Arch Enemy : Michael Amott est
unanimement reconnu dans le milieu du Death Metal. En 1992, bien qu’il soit
encore membre de Carcass, il fonde Spiritual Beggars avec
la complicité de Ludwig Witt (batterie, percussions), et Christian ‘’ Spice’’
Sjöstrand (basse, chant). La musique du trio est aux antipodes de ce que le
guitariste a pu produire jusque-là, prônant un retour aux racines du Heavy
Metal. Alors que le Grunge dépressif, en vogue à cette époque, s’empare des
codes et styles sociétaux du moment, faisant notamment l’impasse sur les soli
de guitares si caractéristiques du Hard Rock,
Another Way To Shine revisite la
richesse musicale des années 70 avec brio en nous plongeant dans un Stoner aux
ambiances variées, illuminé par la virtuosité et la sensibilité d’un
six-cordiste inspiré. Avec ce premier album nominé aux Grammy suédois,
Spiritual Beggars s’érige en
figure de proue du Stoner européen.
Pochette alternative de la réédition de 2007
Inscription à :
Commentaires (Atom)
-
Ultra Vomit fait partie des formations hexagonales qui ont contribué à populariser la musique Metal dans un pays où Rap...
-
Barón Rojo fait partie des légendes du Hard Rock espagnol. Formé en 1980 par les frères Armando et Carlos de Castro, ce s...
-
1983 est une année charnière en matière de Metal . L’apparition du Speed d’un côté, avec les ardents énervés de Metallica et ...






















