Beat Me

Electric Eel Shock 2005 Beat Me
Intégristes de True Metal hostiles à la diversité artistique et au mélange des genres, épargnez-vous la lecture de ces quelques lignes. Pour les autres, je ne sais pas par quelle note commencer cette chronique tant il est difficile de qualifier la musique de ce Beat Me. On pense tour à tour à Black Sabbath, Queens Of The Stone Age, Led Zeppelin ou Pink Floyd… A la frontière du Hard Rock, du Stoner, et du Punk, Electric Eel Shock nous délivre 11 perles de musique bruyante et déjantée et une reprise toute personnelle et très réussie du Iron man de Black Sabbath. Ajoutez à cela des textes non dénués d’humour avec I can hear the sex noise, ou Rock & roll kills the blues, des musiciens qui maitrisent leur sujet et vous obtenez un album rafraichissant, qui, à défaut de plaire à tout le monde, ravira les plus ouverts d’entre vous.
 

The Wayward Sons Of Mother Earth

Skyclad 1991 The Wayward Sons Of Mother Earth
A l’origine de Skyclad, on trouve des musiciens bien établis sur la scène britannique : Martin Walkyer, chanteur et parolier de talent (qui vient de mettre un terme à sa collaboration avec Sabbat), Steve Ramsey (guitare) et Graeme English (basse) en provenance de Pariah/Satan. Si Skyclad est considéré comme le pionnier du Folk Metal, The Wayward Sons Of Mother Earth s’inscrit plutôt dans un registre Thrash Metal aux mélodies bien senties. Il faut attendre The widdershins jig et son riff entêtant, pour se laisser entrainer dans une ambiance folk moyenâgeuse, envouté par la mélodie hypnotique distillée par le violon et la flute. L’ensemble des morceaux fait la part belle au phrasé si particulier de Martin Walkyer, espèce de chant incantatoire d’un gourou maléfique, haranguant ses adeptes lors d’un rituel initiatique. Agrémenté de deux passages acoustiques et d’une balade que ne renierai pas Manowar, cette première livraison est une vraie réussite.
 

Power Of Inner Strength

Grip Inc. 1995 Power Of Inner Strength
En 1992, Dave lombardo quitte une première fois Slayer, fâché avec ses compagnons de jeu. La réputation du bonhomme aidant (il est considéré comme un des meilleurs batteurs Metal du moment, si ce n’est le meilleur), il ne va pas tarder à monter un nouveau projet. En 1993 il s’acoquine avec Waldemar Sorychta (guitariste et producteur) pour former Grip Inc., complétant le casting avec Gus Chambers (chant) et Jason Viebrooks (basse). Le raz de marée minimaliste du Grunge, au début de la décennie, a relégué le Thrash au chapitre des faire valoir de la musique rebelle et antisystème, le plongeant dans un coma artificiel. En 1995, Power Of Inner Strength nous en sort brièvement, en nous offrant 41 minutes d’un Thrash novateur, aux sonorités alambiquées, modernes et groovy, porté par la hargne vocale de Gus Chambers et le jeu inspiré d’un Dave Lombardo impérial. Puissant et dévastateur, à découvrir !!!

The Birthday Party

Motörhead 1990 The Birthday Party
No Sleep ‘Til Hammersmith mis à part, nous avons ici un des tout meilleurs live de Motörhead avec Nö Sleep At All. Bien que paru en 1990, l’enregistrement date du 26 Juin 1985, commémorant le dixième anniversaire de la bande à Lemmy. A l’origine sorti en 1986 au format VHS, l’album est malheureusement amputé de Stay clean et, plus incompréhensible, d’Overkill. L’ordre des morceaux se voit également bouleversé. Qu’est ce qui fait de ce live un incontournable ? Tout d’abord c’est le premier qui voit Motörhead se produire sous forme d’un quatuor : Lemmy, Phil Campbell, Michael « Würzel » Burston et Pete Gill (transfuge de Saxon). Ensuite, c'est l’occasion de découvrir Mean machine et Nothing up my sleeve, deux titres du futur Orgasmatron. Enfin, il se dégage de cette prestation une énergie communicative avec un Killed by death dantesque à vous filer la chair de poule. A posséder absolument.

Riding Another Toxic Wave

Illegal Corpse 2021 Riding Another Toxic Wave
From the famous mighty Nancy Bay Area scene, may I introduce you the ass kicker and brain killer : Illegal Corpse… Ooops !!! Mais qu’est-ce qu’il m’arrive ? Me voilà atteint « d’anglicite » aiguë, alors que la formation est un pur produit du pays des fromages qui puent. Pourtant, en écoutant Riding Another Toxic Wave, rien ne nous invite à pressentir l’origine de ce Thrash/Crossover, bien produit, bien mixé, qui contraste énormément avec ce que les formations hexagonales ont pu proposer quelques décennies en arrière. Chant rageur accompagné de riffs tranchants et rapides, dont certaines rythmiques font indubitablement penser à Slayer, les nancéiens nous délivrent 13 brûlots de Crossover sans concession, d’une intensité invitant au mosh. Sans révolutionner un genre peu enclin au lyrisme symphonique, Illegal Corpse est capable de rivaliser avec n’importe quels groupes américains, maitres incontestés du genre. N’hésitez pas à encourager notre patrimoine culturel, achetez ce disque.
 

Phoenix

Sortilège 2021 Phoenix
Dans les années 80 les formations hexagonales fleurissent mais doivent composer avec trois handicaps : la faiblesse des productions, la langue de Molière, le manque d’implication du public tricolore. Sortilège, fleuron d’un Heavy mélodique à la française, sortira un EP et deux albums, et se séparera en 1986. Porté par le regain d’intérêt pour les eighties, le groupe se reforme en 2018. Les mêmes qui étaient absents 35 ans plus tôt, encensent avec une nostalgie hypocrite leur retour discographique. Phoenix c’est pourtant du neuf avec du vieux. Réenregistrer des titres de leur parutions précédentes est une bonne idée. Le son est bien plus convaincant et le chant de Christian « Zouille » Augustin ne démérite pas. Mais pourquoi ne pas avoir gommé les wohohoho et yeaheaheah anachroniques qui ponctuent régulièrement ses vocalises ? Le coté pop de Toujours plus haut, un des 2 inédits, me laisse également perplexe. J’attendais mieux.
 

Hungry For Action

Iron Lizards 2021 Hungry For Action
Presque deux ans après le début de la pandémie, confinements et restrictions ont généré de la frustration chez chacun d’entre nous. On peut aisément comprendre l’appétit à vouloir passer à l’action dès que l’occasion s’est présentée. Hungry For Action c’est 27 minutes tonitruantes de joyeux bordel, du High Energy Rock ’N’ Roll salvateur qui vous fera renoncer aux cotons tiges pour décrasser vos oreilles. De la bouche même du guitariste Elio, Iron Lizards est un clin d’œil aux dieux du Garage Rock que furent les Stooges et MC5, tout en rendant hommage à la scène Rock et Hardcore des années 90, Zeke et The Hellacopters en tête. Ajoutez à cela une petite dose de Motörhead et vous obtenez douze titres sans fioritures qui vont à l’essentiel. Petite précision importante, Iron Lizards c’est du made in France qui évolue dans un style peu représenté chez nous, alors ruez-vous sur cette galette.
 

The Daily Horror News

Risk 1987 The Daily Horror News
S’il est des musiciens que l’on peut taxer d’opportunisme musical ce sont bien ceux de Risk. Je m’explique. Witten, 1967, Heinz Mikus fonde Faithful Breath. La formation évolue dans un registre Rock Progressif enregistrant 2 albums. 1980, après quelques déboires le groupe se sépare, se reforme dans la foulée et enregistre 4 albums. Adoptant un style proche de celui d’Accept, le quatuor n’arrivera jamais à convaincre. 1987, le Speed Metal submerge le monde. Faithful Breath décide de changer de nom et d’identité musicale en accélérant le rythme. C’est sous le patronyme de Risk que The Daily Horror News sort dans les bacs. Tempi rapides flirtant parfois avec le Thrash, chœurs à la Accept, cette première livraison estampillée Metal teuton se laisse gentiment écouter. Le point fort du groupe reste son visuel à base de caricatures d’animaux, amenant un peu de fun là où d’autres abusent de stéréotypes éculés, souvent grotesques.
 

Sea Hags

Sea Hags 1989 Sea Hags
Crier haut et fort que l’on est le futur Guns N’ Roses, embaucher le producteur du multi-platine Appetite For Destruction, ne suffit malheureusement pas pour épouser le même destin que la bande à Axl. L’existence chaotique et éphémère de Sea Hags en est l’illustration parfaite. Émergeant à Seattle en 1985, et migrant à San Francisco, le quatuor surfe sur la vague Hair Metal, croisement entre un Aerosmith période 70 et Faster Pussycat. Moins extravagant dans le look et plus sombre dans la musique que les stars du moment, le groupe attire l’attention de Kirk Hammet qui produit la première demo. La formation signée par Chrysalis Records, sort en 1989 son seul et unique album éponyme, sous la houlette de Mike Clink. Malgré une presse favorable, le disque ne trouve pas son public. Miné par des problèmes d’addiction à différentes substances, Sea Hags explose après le décès du bassiste (overdose d’héroïne).

Nightmare At Maple Cross

Girlschool 1986 Nightmare At Maple Cross
Girlschool est sans doute le premier groupe entièrement féminin à s’être imposé de façon crédible et durable sur la scène Hard Rock, bénéficiant régulièrement des coups de pouce de Lemmy. Après trois albums n’ayant rien à envier à leurs homologues masculins, la formation s’oriente vers une musique plus commerciale qui fera chuter sa cote de popularité. Les problèmes du label Bronze Records (dont Motörhead fera aussi les frais), n’arrangent rien. C’est dans un contexte peu favorable et un passage à vide de trois années que Nightmare At Mapple Cross voit le jour. Renouant avec Vic Maile, producteur originel ayant contribué au succès des 2 premières parutions du groupe, le gang revient à ses racines musicales. Sans atteindre l’intensité de Demolition ou de Hit And Run, ce sixième opus, plus qu’honorable, ne trouvera pas son public. En 1991 GWR le rééditera sur le même support que Take A Bite, son successeur.