Welcome To Hell

Escroquerie musicale pour certains, génie blasphématoire pour d’autres, au début des eighties,  Venom ne laisse personne indifférent. Le trio se démarque de ses concurrents de la NWOBHM par une imagerie satanique et une approche minimaliste de la musique. Welcome To Hell, premier glaviot incantatoire de la formation de Newcastle, sort en 1981. Alliant la verve nihiliste du punk à l’énergie speed de Motörhead, Cronos et sa bande nous assène 11 titres dénués de toute finesse. Le son est crade, les vocaux éructés. Les musiciens ne sont pas des esthètes virtuoses façon Joe Satriani ou Yngwie Malmsteen, mais plutôt des bucherons massacrant la mélodie à grands coups de tronçonneuse (Red light fever). Entre un Schizoid qui vous vrille le cerveau et le venimeux Poison, Mayem with mercy nous offre 59 secondes de répit avant que Venom nous achève sur les incontournables Live like an angel (mon préféré) et Witching hour. Jouissif !!!

Kill' Em All

1983, année clé dans l’histoire du Heavy Metal, et Kill’Em All, porté par sa fougue juvénile, y est pour beaucoup. Estampillé Speed Metal à sa sortie, Metallica (20 ans de moyenne d’âge) jette les bases d’un style : le Thrash Metal. Bientôt 40 ans après sa sortie, je ne peux toujours pas parler objectivement de cette œuvre tant elle fut un traumatisme pour mes oreilles. Les grincheux malentendants et autres métalleux du dimanche reprocheront beaucoup de choses à ce disque, à commencer par le chant de James Hetfield. Il n’empêche que cette première production ne contient aucun titre faible. Les morceaux s’enchaînent, rythmés et en majorité ultra rapides, brillamment éclairés par les soli de Kirk Hammett; Anesthesia pulling teeth met en lumière l’étendue du talent du regretté Cliff Burton. Kill’Em All c’est 10 torpilles assassines, un monument de la musique, un incontournable du Metal, n’en déplaise à ses détracteurs.
 

Pajama Party

Poison Idea, groupe originaire de Portland, vient se frotter avec brio au délicat exercice de l’album de reprises. La palette des styles représentés : Soul, Rythm And Blues, Rockabilly, Rock And Roll, Reggae, Hard Rock... Treize titres éclectiques passés à la moulinette Punk/Hardcore. Ouverture du bal à cent à l’heure avec Kick out the jams (MC5). On enchaine avec les efficaces Vietnamese baby (New York Dolls) et Motörhead (la chanson). Première surprise : le très réussi We got the beat des Go-Go’s (groupe assimilé à la mouvance Pop New Wave américaine). Petit détour par les années 50 avec Endless sleep (Jody Reynolds), Lawdy miss clawdy (Loyd Price) et Jailhouse rock. Retour au Punk : Framethrower love (Dead Boys), New rose (The Damned), Up front (Wipers). Final en beauté avec Harder they come (Jimmy Cliff) et Green onions (Booker T.). Pour ceux qui aiment les disques de reprises : indispensable !!!
 
We got the beat (The Go-Go's)

Jailhouse rock (Elvis Presley)

Green onions (Booker T. And The M.G's)

Depths of death

Formé à Sacramento en 1984, Sentinel Beast fait partie de ces nombreux groupes prometteurs de la scène Speed/Thrash californienne du milieu des années 80 qui, après la sortie d’un unique album, disparaitra presque aussi rapidement qu'il était apparu. Depths of death, dans son genre, est plutôt efficace sans vraiment révolutionner le style. Faisant penser à du Iron Maiden sous amphétamine, avec une basse omniprésente, l’album lorgne également vers le Doomsday for deceiver de Flotsam And Jetsam. Particularité du combo, c'est une chanteuse du nom de Debbie Gunn qui officie derrière le micro et qui s'en tire avec les honneurs. C’est sur un Phantom of the opera survitaminé que se clôture en beauté un disque agréable à écouter pour les fans de Thrash des années 80. A noter que le bassiste Mike Spencer ira remplacer, au sein de Flotsam And Jetsam, un certain Jason Newsted parti rejoindre Metallica en pleine ascension.