Burning The Witches

En 1984, nombreux sont ceux qui pensent que le Hard Rock ou le Heavy Metal est obligatoirement une affaire de testostérone. Même si dans la seconde moitié des seventies The Runaways commencent à inverser la tendance, la gent féminine est peu représentée dans un univers aux mentalités et clichés machistes. Quelques groupes arrivent heureusement à tirer leur épingle du jeu. En angleterre Girlschool assure sa crédibilité en assumant les premières parties de Motörhead, et Rock Goddess pointe le bout de son nez. A Düsseldorf, Warlock nous impose sa chanteuse Dorothée Pesch, qui deviendra au fil du temps, une icône incontestée et incontestable du Heavy teuton. A la croisée des chemins entre Accept et la NWOBHM, Burning The Witches souffre certes aujourd’hui d’une production faiblarde et de la naïveté inhérente à un premier album, mais je prends toujours autant de plaisir à l’écouter. Efficace et sans fioriture : Deutsche qualität !!! 
 

Hilljack

Après avoir fait partie de Salty Dog de 1986 à 1991 puis de Dangerous Toys (1994-1995) Michael Hannon (basse/chant) s’en va former Hilljack avec Keith Pickens (batterie) et Chuck Wolfe (guitare). Le trio sortira son unique album éponyme en 1997. Le contenu musical proposé, est un hard rock tonique et crasseux, de celui qui se joue dans les bars poisseux et enfumés, ambiance bourbon et p'tites pépées. Plus rugueux que les formations susnommées, porté par la voix éraillée de Michael, les titres s’enchainent dans un condensé de rock saturé et bluesy. Pas original pour deux sous mais bougrement efficace. Les bases sonores du futur American Dog (Steve Theado remplaçant Wolfe à la guitare) sont là. Trois morceaux présents ici, Too damn sober, Just an alcoholic et I’ll drink to that seront repris plus tard sur le Six Pack d’American Dog. Si vous aimez Nashville Pussy, Hilljack est fait pour vous.

Welcome To Hell

Escroquerie musicale pour certains, génie blasphématoire pour d’autres, au début des eighties,  Venom ne laisse personne indifférent. Le trio se démarque de ses concurrents de la NWOBHM par une imagerie satanique et une approche minimaliste de la musique. Welcome To Hell, premier glaviot incantatoire de la formation de Newcastle, sort en 1981. Alliant la verve nihiliste du punk à l’énergie speed de Motörhead, Cronos et sa bande nous assène 11 titres dénués de toute finesse. Le son est crade, les vocaux éructés. Les musiciens ne sont pas des esthètes virtuoses façon Joe Satriani ou Yngwie Malmsteen, mais plutôt des bucherons massacrant la mélodie à grands coups de tronçonneuse (Red light fever). Entre un Schizoid qui vous vrille le cerveau et le venimeux Poison, Mayem with mercy nous offre 59 secondes de répit avant que Venom nous achève sur les incontournables Live like an angel (mon préféré) et Witching hour. Jouissif !!!

Kill' Em All

1983, année clé dans l’histoire du Heavy Metal, et Kill’Em All, porté par sa fougue juvénile, y est pour beaucoup. Estampillé Speed Metal à sa sortie, Metallica (20 ans de moyenne d’âge) jette les bases d’un style : le Thrash Metal. Bientôt 40 ans après sa sortie, je ne peux toujours pas parler objectivement de cette œuvre tant elle fut un traumatisme pour mes oreilles. Les grincheux malentendants et autres métalleux du dimanche reprocheront beaucoup de choses à ce disque, à commencer par le chant de James Hetfield. Il n’empêche que cette première production ne contient aucun titre faible. Les morceaux s’enchaînent, rythmés et en majorité ultra rapides, brillamment éclairés par les soli de Kirk Hammett; Anesthesia pulling teeth met en lumière l’étendue du talent du regretté Cliff Burton. Kill’Em All c’est 10 torpilles assassines, un monument de la musique, un incontournable du Metal, n’en déplaise à ses détracteurs.
 

Pajama Party

Poison Idea, groupe originaire de Portland, vient se frotter avec brio au délicat exercice de l’album de reprises. La palette des styles représentés : Soul, Rythm And Blues, Rockabilly, Rock And Roll, Reggae, Hard Rock... Treize titres éclectiques passés à la moulinette Punk/Hardcore. Ouverture du bal à cent à l’heure avec Kick out the jams (MC5). On enchaine avec les efficaces Vietnamese baby (New York Dolls) et Motörhead (la chanson). Première surprise : le très réussi We got the beat des Go-Go’s (groupe assimilé à la mouvance Pop New Wave américaine). Petit détour par les années 50 avec Endless sleep (Jody Reynolds), Lawdy miss clawdy (Loyd Price) et Jailhouse rock. Retour au Punk : Framethrower love (Dead Boys), New rose (The Damned), Up front (Wipers). Final en beauté avec Harder they come (Jimmy Cliff) et Green onions (Booker T). Pour ceux qui aiment les disques de reprises : indispensable !!!

Suck cocks in hell

Adepte de poésie pastorale ou de romantisme lyrique fuyez. Ici point de bluette. C'est du lourd. Shitfucker ne fait pas dans la dentelle, mais dans le gros rouge qui tache. Le nom du groupe fallait déjà oser, mais si on ajoute un logo des plus douteux et le contenu de la pochette, le gang de Détroit joue la provoc à fond. Quid de la musique ? C’est un bouillonnant mélange de punk, black et metal, les influences revendiquées par le groupe allant de G.B.H. à Venom en passant par Motörhead. Les compositions restent minimalistes, fidèles aux formations susnommées. La production « vintage » et sans fioriture nous renvoie dans les années 80 (Welcome to hell) avec parfois quelques arrangements comiques (Sex dungeon). Les plaisanteries les plus courtes étant les moins longues, le meilleur (ou le pire c’est selon) de Shitfucker nous est dispensé ici en 34 minutes de débauche lubrico-satanique.

Depths of death

Formé à Sacramento en 1984, Sentinel Beast fait partie de ces nombreux groupes prometteurs de la scène Speed/Thrash californienne du milieu des années 80 qui, après la sortie d’un unique album, disparaitra presque aussi rapidement qu'il était apparu. Depths of death, dans son genre, est plutôt efficace sans vraiment révolutionner le style. Faisant penser à du Iron Maiden sous amphétamine, avec une basse omniprésente, l’album lorgne également vers le Doomsday for deceiver de Flotsam And Jetsam. Particularité du combo, c'est une chanteuse du nom de Debbie Gunn qui officie derrière le micro et qui s'en tire avec les honneurs. C’est sur un Phantom of the opera survitaminé que se clôture en beauté un disque agréable à écouter pour les fans de Thrash des années 80. A noter que le bassiste Mike Spencer ira remplacer, au sein de Flotsam And Jetsam, un certain Jason Newsted parti rejoindre Metallica en pleine ascension.