Prepare To Die

Il est des disques qui m'ont marqué non pas par leur qualité artistique, mais par leur anecdote particulière. C’est le cas de Prepare To Die. Feuilletant Enfer Magazine, je tombe sur une publicité de Record Mail (société de VPC Belge). Dans la liste des imports figure ce Maxi 45 de Slayer. Adepte de Show No Mercy, je passe commande, croyant obtenir l’ultime collector. A la réception de l’objet, grosse déconvenue. Ce n’est pas un album des thrashers Californiens mais celui d’une formation Texane inconnue, portant le même nom, forcée par la suite à se rebaptiser S.A. Slayer. La première déception passée, je pose le vinyle sur ma platine et je découvre avec surprise, quatre titres d’un Speed Metal virevoltant, fortement influencé par le Heavy britannique. Petit bémol, le chant de Steeve Cooper (quand il force dans les aigues) et la production, peuvent être un point de crispation d'un EP prometteur.

World Gone Mad

CJSS acronyme de Chastain (guitares), Jinkens (chant), Skimmerhorn (basse), Sharp (batterie), est un des groupes de David Taylor Chastain, stakhanoviste de la six cordes. C’est à Black Dragon Records, label français, que l’on doit la découverte de ce disque dans nos contrées. S’inscrivant dans la mouvance du moment, CJSS s’appuie sur les talents d’un virtuose de la guitare aux influences néoclassiques. Moins pompeux et démonstratif dans la forme qu’un Yngwie Malmsteen (qui fait alors figure de référence), ou que la plupart des productions de l’écurie de Mike Varney, les 4 de Cincinnati nous délivre avec World Gone Mad, un solide album de Heavy Metal. De l’énergique Hell on earth à Welcome to damnation et sa rythmique entêtante, en passant par une reprise réussie de Communication breakdown (Led Zeppelin), CJSS domine son sujet. Living in an exhile clôture admirablement une œuvre ou chaque musicien tient sa place avec maitrise et brio.
 
 
La version disponible ici est amputée de la reprise de Led Zeppelin, Communication breakdown.

Nitrogods

Considérant que le Hard Rock est né dans la seconde moitié des années 60, il a profondément évolué au fil du temps. L’intégration d’influences musicales provenant d’horizons différents (Punk, Rap, Reggae, Jazz, Techno…) a donné naissance à une variété de groupes, et, en caricaturant, autant de styles. Les décennies passant, certains sont malgré tout restés insensibles à toute mode, préférant perpétuer la tradition d’une musique simple et directe, s’appuyant sur les fondamentaux mis en place par les piliers du genre. Nitrogods s’inscrit dans cette lignée d’albums où les musiciens n’inventent rien, mais savent faire parler la poudre. Le gang de Hanovre nous livre un condensé de ses influences, au rang desquelles Motörhead figure en bonne place, sans oublier Status Quo, ZZ Top, Rose Tattoo. Le spectre est large, et vous l’aurez compris, il s’agit ici de Rock ‘N’ Roll sans concession, de celui qui défie les âges. Intemporel, j’adhère !!!
 

NWOBHM

Sorti en 2018, cette compilation montrerait-elle le regain d’intérêt pour un mouvement musical que d’aucuns jugent désuet et passéiste ? Ne perdons pas de vue que la scène britannique des années 80, communément appelée New Wave Of British Heavy Metal, restera une influence majeure pour des groupes de Speed, de Thrash, ou de Black Metal. Metalucifer, Wolf, plus récemment, Night Demon, ont perpétué le style, bon an mal an, défiant toutes les modes avec plus ou moins de succès. Aujourd’hui, succombant à la demande, certaines de ces vieilles gloires britanniques se sont reformées le temps d’un concert ou d’un nouvel album. Pour les béotiens, la liste des formations proposées ici est un juste complément de NWOBHM ’79 Revisited. Les incontournables Raven, Venom, Girlschool et consorts, côtoient les moins médiatisés Crucufixion, Tysondog, Warfare. On regrettera quand même l’absence de Tank, Grim Reaper, Rock Goddess (à la place de Girlschool ?) …
 

Montrose

1973, Ronald Douglas Montrose, musicien de studio émérite et reconnu, décide de voler de ses propres ailes, et fonde un groupe qui portera son nom. Il s’acoquine avec Sammy Hagar, jeune chanteur alors inconnu du grand public et futur Van Halen.  Produit par Ted Templeman (qui s’occupera 4 ans plus tard du premier opus de… Van Halen) et emmené par une section rythmique de feu, ce disque est un condensé de ce qui se fait de mieux en termes de rock lourd à cette époque. De Iron Maiden à Raven en passant par George Lynch, Jake E. Lee ou, plus proche de chez nous, H-Bomb, nombreuses sont les formations qui reprendront certains titres de ce guitariste décédé le 3 mars 2012. Injustement oublié des journalistes et historiens contemporains du Hard/Heavy, Montrose fait partie de ces albums du début des seventies que tout amateur de Hard Rock se devrait de posséder.
 

Mela Ananda

Je ne suis d’ordinaire pas fan de musique instrumentale, pourtant j’ai succombé au charme de My Sleeping Karma. C’était le 21 Juin 2019, sous la tente de la « Valley scene » du Hellfest. Après 40 minutes d’invitation au voyage dans un univers musical hautement psychédélique, faisant référence à l’hindouisme, je repars l’esprit habité par des images oniriques. C’est là toute la force du quartette allemand : nous téléporter dans des contrées que seul l’art nous autorise à atteindre. Fort de cette expérience et histoire de prolonger le plaisir, je me procure Mela Ananda. L’album enregistré à Paris, Anvers et Stuttgart, fait la part belle aux musiciens, au détriment d’une assistance à peine audible (curieux pour un album live). Chacun des acteurs nous délivre sa partition avec une précision redoutable, nous faisant décoller pour une exploration hypnotique de son répertoire. On ferme les yeux, on se laisse transporter, dépaysement garanti.

The Classics: The Maiden Years

Paul Di' Anno : LA VOIX DE MAIDEN. Ceux qui, comme moi, ont découvert la Vierge De Fer au travers de ses deux premiers disques peuvent difficilement me contredire. Bruce Dickinson a certainement contribué à accroitre la popularité du groupe, mais, je trouve ses vocalises souvent pénibles. Alors oui, on peut reprocher à Paul de surfer sur la notoriété de ses ex comparses, mais en comparant les vieux classiques chantés par l’un et par l’autre, le manque d’émotion et le coté clinique de Dickinson contraste avec le feeling de Di’ Anno. C’est donc un vrai plaisir de redécouvrir la quasi intégralité du premier Iron Maiden (seul Transylvania manque à l’appel), complétés par Wrathchild, Murders in the rue morgue, Killers (2eme opus), et Sanctuary et Women in uniform, parus initialement en 45T. Interprétés avec un peu plus de hargne que les originaux, Paul vit sa musique, Bruce ne fait que chanter.

(DLR Band)

Quand David Lee Roth quitte Van Halen en 1985, la formation est alors à son pic de popularité. En moins de dix ans, le fantasque chanteur est devenu un des showman les plus célèbres du monde, une icône du Hard US. Son départ en laisse plus d’un perplexe. En s’entourant de Steve Vai (guitare) et de Billy Sheehan (basse), deux maestros dans leur domaine, il crée pourtant la surprise. Les succès commerciaux de ses deux premiers disques lui donneront provisoirement raison. Sauf que les choses se gâtent quand Vai et Sheehan décident de poursuivre en solo. C’est alors une lente dégringolade. En s’accoquinant, entre autres, avec John Lowery alias John 5 (futur 2wo, Marilyn Manson et Rob Zombie), il sortira (DLR Band) dans un quasi anonymat. C’est regrettable pour un album bien moins commercial que Skyscraper, qui saura satisfaire les adeptes d’Eat ‘Em And Smile ou du premier Van Halen.