Surf Nicaragua

Sacred Reich voit le jour en 1985, à Phoenix. Groupe culte des eighties, la bande à Phill Rind n’arrivera cependant pas à se hisser au rang des incontournables stars du Thrash que sont Slayer, Anthrax ou Metallica. Bien plus engagé politiquement que ses contemporains, le groupe n’a aucune filiation avec une quelconque idéologie nazie. Surf Nicaragua, réquisitoire véhément contre l’administration Reagan, ouvre la bal de cet EP 4 titres (dans sa version vinyle) suivi de One nation, titre axé sur le jeu de batterie de Greg Hall. Une très bonne reprise de War pigs démarre la face B avant que Draining you of life, qui n’est pas sans rappeler Whiplash, vienne nous achever.  La version CD est agrémentée de Ignorance et Death squad, deux classiques enregistrés en public. Court mais intense, Surf Nicaragua reste un bon moyen de découvrir ce quatuor qui jouera le 18 juin sur la scène Altar.
 

Live Shit: Binge & Purge

Metallica 1993 Live Shit: Binge And Purge
Il est de bon ton, pour les puristes nostalgiques aux tympans englués de cérumen et les ignorants boutonneux découvrant le Metal avec les formations actuelles, de vilipender ce qui restera certainement comme le plus grand groupe de Heavy de l’histoire : Metallica. Les Californiens n’ayant jamais fait les choses comme les autres, proposent avec l’incontournable Live Shit : Binge & Purge, plus de 8h de concerts concentrés sur 3 VHS et 3 CD. Bien sûr il y a quelques longueurs, bien sûr le Black Album (que je déteste tant) est sur-représenté, mais Metallica, une fois sur les planches, met tout le monde d’accord, se donnant à fond pour son public. Même si aujourd’hui les Four Horsemen ont vieillis, coupant leur vodka avec du jus d’oranges, ils n’en demeurent pas moins redoutables quand il s’agit de tenir une scène. J’irai les revoir (dans le snake pit) le 26 juin sur la Mainstage 01 du Hellfest.
 

Rise Above The Meadow

Greenleaf 2016 Rise Above The Meadow
Non mesdames et messieurs, le Stoner n’est pas une spécialité exclusivement nord-américaine. L’Europe, plus particulièrement ses régions septentrionales, regorge de formations qui méritent largement votre attention : Spiritual Beggars (le plus connu), The Mushroom River Band, Mannhai, Dozer et bien d’autres. C’est justement de l’envie de certains membres de Dozer de créer un projet parallèle, que nait Greenleaf. Si Tommi Holappa (guitares) reste l’âme constante du groupe suédois, Arvid Hällagård/Jonsson a été reconduit derrière le micro pour nous livrer une prestation gorgée de feeling, évoquant parfois Robert Plant, parfois Jim Morrison. Rise Above The Meadow, dotée d’une production moderne, baigne dans un mélange hallucinogène de « revival seventies » où l’influence prépondérante de Black Sabbath, s’acoquine de réminiscences à la Led Zeppelin, The Doors ou Iron Butterfly. Un septième album magistral (pour ceux qui aiment) illustré d’une magnifique pochette. A découvrir sur la scène Valley du Hellfest vendredi 17 juin.
 

Burning Heads

Burning Heads 1992 Burning Heads
Après quelques semaines de fatigue intellectuelle et de paresse neuronale, me voici de retour. A quelques jours du tant attendu quinzième Hellfest, j’ai choisi de vous présenter les albums de quelques groupes qui seront à l’affiche. Je commence par une formation Française à la longévité exceptionnelle : Burning Heads. Le quatuor voit le jour à Orléans en 1987, et évolue dans un registre Punk mélodique souvent comparé à Bad Religion. Si ce premier album éponyme n’est pas le plus emblématique de son exhaustive discographie, il n’en demeure pas moins une bonne surprise avec une reprise détonante de Making plans for Nigel d’XTC (formation de New Wave britannique). Cette excellente entrée en matière, doublée d’une solide réputation scénique, leur permettra de décrocher la première partie d’un certain Noir Désir, sur la mémorable tournée Tostaky. Trente-cinq ans après leur naissance, ils joueront sur la Mainstage 01 de Clisson le vendredi 17 juin.

Master Of Disguise

Savage Grace 1985 Master Of Disguise

Spine Of God

Monster Magnet 1991 Spine Of God
En 1991 le Black Album de Metallica, le Nevermind de Nirvana et les Use Your Illusion I et II de Guns N’ Roses monopolisent l’espace musical, laissant peu de place aux groupes et styles émergeant. C’est dans ce contexte que sort Spine Of God, le premier album d’un groupe majeur du Stoner américain : Monster Magnet. Boudé dans son pays (comme un certain Metallica en son temps), Dave Wyndorf et sa bande se tournent vers un label allemand, Glitterhouse Records, qui contribue à faire connaitre la formation en Europe.

Torcha!

Waltari 1992 Torcha!
Waltari est au Heavy Metal ce que le gloubi-boulga est à Casimir : un savant mélange de substances antagonistes, qui une fois combinées avec subtilité et bien emballées, procure au consommateur averti un plaisir jubilatoire. Formé en 1986 à Helsinki, le quatuor peaufine son style en ingérant tout ce que le fan de Metal traditionnel peut détester : du Hip Hop, du Jazz, de la Techno, de la Pop, et j’en passe. Quand tout cela est dilué avec finesse avec des éléments de Punk, Thrash Metal voire Death metal, ça nous donne Torcha!, un album de musique barrée, bourré de hits. Du tubesque Light on en ouverture, à Vogue (reprise de Madona) en passant par Fool’s gold et Death party aux ambiances Bay Area Thrash Metal, Waltari nous ballade dans univers musical riche et coloré bien plus digeste que le gloubi-boulga de Casimir. Torcha! est un incontournable du Metal Fusion.
 

Eaten Alive

Nashville Pussy 2022 Eaten Alive
Lemmy Kilmister disait de Nashville Pussy que c’est le dernier grand groupe de Rock And Roll américain en activité. Écumant les scènes du monde entier depuis le milieu des années 90, et après sept livraisons studio, Eaten Alive est leur second album capté en public (en comptant le confidentiel Live In Rennes, France 1998). Depuis les restrictions liées au COVID, nombre de formations ont commercialisé des prestations enregistrées en « livestream », sans auditoire en vis-à-vis. Autant appeler cela un Best Of. Ici c’est de l’authentique, enregistré à Leeds devant de vrais gens qui gueulent, et un groupe qui joue à fond. Low down dirty pig ou Go motherfucker go résument à eux seuls ce qu’est la magie d’un concert et son énergie communicative. A classer aux cotés de If You Want Blood, Double Live Gonzo et No Sleep ‘til Hammersmith. Indispensable après deux ans de frustrations et d’interdictions de spectacles.
 

Persona Non Grata

Exodus 2021 Persona Non Grata
Depuis Tempo Of The Damned sorti en 2004, je dois avouer que l’œuvre discographique d’Exodus n’a pas suscitée chez moi un grand intérêt. Sans être vraiment mauvaises, les dernières productions de ces pionniers du Thrash, n’arrivaient pas à amorcer chez moi, la moindre esquisse de « head banging ». C’est donc avec un petit doute que je pose cette onzième livraison studio sur la platine. L’entame, avec Persona non grata et R.E.M.F. annoncent la couleur et rassurent le papy thrasher que je suis. C’est du bon voire du très bon Exodus qui se profile, avec un Steve Souza bien énervé qui assure ses vocalises rageuses sur des riffs assassins que seul un Gary Holt en pleine forme pouvait nous assener.

Heavy Metal Maniac

Exciter 1983 Heavy Metal Maniac
Qui se souvient du groupe Exciter (patronyme inspiré par le titre de Judas Priest)? Peu de monde sans doute. Pourtant, la formation canadienne fait partie des pionnières en matière de Speed Metal, et a certainement contribué à influencer bon nombre de groupes de Heavy/Speed/Thrash de tout poil. Sorti quelques semaines avant Kill ‘Em All, Heavy Metal Maniac avait de quoi secouer son auditoire : un son brut, sorte de croisement entre Motörhead et Judas Priest, une énergie proche du punk, des riffs simples et accrocheurs emprunts de naïveté juvénile. Le trio d’Ottawa nous offre neuf titres de débauche sonore où les morceaux de bravoure que sont Stand up and fight, Heavy metal maniac, Rising of the dead, côtoient les plus dispensables Iron dogs ou Black witch.  Certes c’est très mal produit, et ça peut paraitre kitsch aujourd’hui, mais une fois ce handicap surmonté, on tient un album culte injustement oublié.
 

Strike

Attentat Rock 1985 Strike
Après un Gang Des Saigneurs prometteur, Attentat Rock signe avec Strike son troisième et dernier disque. Didier Rochette, guitariste chanteur, s’en est allé, remplacé par Fabrice Fourgeaud à la guitare et Marc Quee derrière le micro, entrainant par la même, un changement de style. Jusque-là, les avignonnais évoluaient aux frontières du Hard Rock et du Heavy Metal avec des paroles en français. Avec l’arrivée d’un chanteur anglophone, la formation ambitionne une carrière internationale. Les guitares sonnent plus modernes, se tournant vers des compositions influencées par les nouvelles vagues anglaise et américaine. Loin de démériter par rapport à l’œuvre précédente, l’ensemble fait preuve de maturité et de professionnalisme mais souffre d'un handicap malencontreux : le manque de hargne du chanteur, trop policé à mon gout. Malgré les efforts déployés, l’album restera un semi échec. Pas de strike ici, juste un spare, ce qui en fin de compte n’est pas si mal.
 

Brand New Sin

Brand New Sin 2002 Brand New Sin
Dans les années 90 le Grunge et le Metal Alternatif devaient supplanter le Heavy Metal et le Hard Rock; dans les années 2000, le Neo Metal était censé les reléguer au panthéon des musiques ringardes aux côtés d’Yvette Horner ou de Mireille Mathieu. Mais certains musiciens se sont chargés d’entretenir la flemme d’un rock dur et pêchu, faisant fi des modes et du dictat des directeurs artistiques des grandes maisons de disques, les fameuses « major ». Brand New Sin s’inscrit dans cette lignée de groupes restés fidèles à un style de musique qui emprunte autant au Rock Sudiste, qu’à Black Sabbath ou au Metallica du Black Album. Emmené par un chanteur charismatique à la voix rauque et puissante, des guitares jamais ringardes, un son moderne teinté de références du siècle dernier, la formation de Syracuse a de quoi séduire les fans de Down, C.O.C. ou Black Label Society.