Riding Another Toxic Wave

From the famous mighty Nancy Bay Area scene, may I introduce you the ass kicker and brain killer : Illegal Corpse… Ooops !!! Mais qu’est-ce qu’il m’arrive ? Me voilà atteint « d’anglicite » aiguë, alors que la formation est un pur produit du pays des fromages qui puent. Pourtant, en écoutant Riding Another Toxic Wave, rien ne nous invite à pressentir l’origine de ce Thrash/Crossover, bien produit, bien mixé, qui contraste énormément avec ce que les formations hexagonales ont pu proposer quelques décennies en arrière. Chant rageur accompagné de riffs tranchants et rapides, dont certaines rythmiques font indubitablement penser à Slayer, les nancéiens nous délivrent 13 brûlots de Crossover sans concession, d’une intensité invitant au mosh. Sans révolutionner un genre peu enclin au lyrisme symphonique, Illegal Corpse est capable de rivaliser avec n’importe quels groupes américains, maitres incontestés du genre. N’hésitez pas à encourager notre patrimoine culturel, achetez ce disque.
 

Phoenix

Dans les années 80 les formations hexagonales fleurissent mais doivent composer avec trois handicaps : la faiblesse des productions, la langue de Molière, le manque d’implication du public tricolore. Sortilège, fleuron d’un Heavy mélodique à la française, sortira un EP et deux albums, et se séparera en 1986. Porté par le regain d’intérêt pour les eighties, le groupe se reforme en 2018. Les mêmes qui étaient absents 35 ans plus tôt, encensent avec une nostalgie hypocrite leur retour discographique. Phoenix c’est pourtant du neuf avec du vieux. Réenregistrer des titres de leur parutions précédentes est une bonne idée. Le son est bien plus convaincant et le chant de Christian « Zouille » Augustin ne démérite pas. Mais pourquoi ne pas avoir gommé les wohohoho et yeaheaheah anachroniques qui ponctuent régulièrement ses vocalises ? Le coté pop de Toujours plus haut, un des 2 inédits, me laisse également perplexe. J’attendais mieux.
 

Hungry For Action

Deux ans après le début de la pandémie, confinements et restrictions ont généré de la frustration chez chacun d’entre nous. On peut aisément comprendre l’appétit à vouloir passer à l’action dès que l’occasion s’est présentée. Hungry For Action c’est 27 minutes tonitruantes de joyeux bordel, du High Energy Rock ’N’ Roll salvateur qui vous fera renoncer aux cotons tiges pour décrasser vos oreilles. De la bouche même du guitariste Elio, Iron Lizards est un clin d’œil aux dieux du Garage Rock que furent les Stooges et MC5, tout en rendant hommage à la scène Rock et Hardcore des années 90, Zeke et The Hellacopters en tête. Vous ajoutez à cela une petite dose de Motörhead et vous obtenez douze titres sans fioritures qui vont à l’essentiel. Petite précision importante, Iron Lizards c’est du made in France qui évolue dans un style peu représenté chez nous, alors ruez-vous sur cette galette.
 

The Daily Horror News

S’il est des musiciens que l’on peut taxer d’opportunisme musical ce sont bien ceux de Risk. Je m’explique. Witten, 1967, Heinz Mikus fonde Faithful Breath. La formation évolue dans un registre Rock Progressif enregistrant 2 albums. 1980, après quelques déboires le groupe se sépare, se reforme dans la foulée et enregistre 4 albums. Adoptant un style proche de celui d’Accept, le quatuor n’arrivera jamais à convaincre. 1987, le Speed Metal submerge le monde. Faithful Breath décide de changer de nom et d’identité musicale en accélérant le rythme. C’est sous le patronyme de Risk que The Daily Horror News sort dans les bacs. Tempi rapides flirtant parfois avec le Thrash, chœurs à la Accept, cette première livraison estampillée Metal teuton se laisse gentiment écouter. Le point fort du groupe reste son visuel à base de caricatures d’animaux, amenant un peu de fun là où d’autres abusent de stéréotypes éculés, souvent grotesques.
 

Sea Hags

Crier haut et fort que l’on est le futur Guns N’ Roses, embaucher le producteur du multi-platine Appetite For Destruction, ne suffit malheureusement pas pour épouser le même destin que la bande à Axl. L’existence chaotique et éphémère de Sea Hags en est l’illustration parfaite. Émergeant à Seattle en 1985, et migrant à San Francisco, le quatuor surfe sur la vague Hair Metal, croisement entre un Aerosmith période 70 et Faster Pussycat. Moins extravagant dans le look et plus sombre dans la musique que les stars du moment, le groupe attire l’attention de Kirk Hammet qui produit la première demo. La formation signée par Chrysalis Records, sort en 1989 son seul et unique album éponyme, sous la houlette de Mike Clink. Malgré une presse favorable, le disque ne trouve pas son public. Miné par des problèmes d’addiction à différentes substances, Sea Hags explose après le décès du bassiste (overdose d’héroïne).

Nightmare At Maple Cross

Girlschool est sans doute le premier groupe entièrement féminin à s’être imposé de façon crédible et durable sur la scène Hard Rock, bénéficiant régulièrement des coups de pouce de Lemmy. Après trois albums n’ayant rien à envier à leurs homologues masculins, la formation s’oriente vers une musique plus commerciale qui fera chuter sa cote de popularité. Les problèmes du label Bronze Records (dont Motörhead fera aussi les frais), n’arrangent rien. C’est dans un contexte peu favorable et un passage à vide de trois années que Nightmare At Mapple Cross voit le jour. Renouant avec Vic Maile, producteur originel ayant contribué au succès des 2 premières parutions du groupe, le gang revient à ses racines musicales. Sans atteindre l’intensité de Demolition ou de Hit And Run, ce sixième opus, plus qu’honorable, ne trouvera pas son public. En 1991 GWR le rééditera sur le même support que Take A Bite, son successeur.
 

Prepare To Die

Il est des disques qui m'ont marqué non pas par leur qualité artistique, mais par leur anecdote particulière. C’est le cas de Prepare To Die. Feuilletant Enfer Magazine, je tombe sur une publicité de Record Mail (société de VPC Belge). Dans la liste des imports figure ce Maxi 45 de Slayer. Adepte de Show No Mercy, je passe commande, croyant obtenir l’ultime collector. A la réception de l’objet, grosse déconvenue. Ce n’est pas un album des thrashers Californiens mais celui d’une formation Texane inconnue, portant le même nom, forcée par la suite à se rebaptiser S.A. Slayer. La première déception passée, je pose le vinyle sur ma platine et je découvre avec surprise, quatre titres d’un Speed Metal virevoltant, fortement influencé par le Heavy britannique. Petit bémol, le chant de Steeve Cooper (quand il force dans les aigues) et la production, peuvent être un point de crispation d'un EP prometteur.

World Gone Mad

CJSS acronyme de Chastain (guitares), Jinkens (chant), Skimmerhorn (basse), Sharp (batterie), est un des groupes de David Taylor Chastain, stakhanoviste de la six cordes. C’est à Black Dragon Records, label français, que l’on doit la découverte de ce disque dans nos contrées. S’inscrivant dans la mouvance du moment, CJSS s’appuie sur les talents d’un virtuose de la guitare aux influences néoclassiques. Moins pompeux et démonstratif dans la forme qu’un Yngwie Malmsteen (qui fait alors figure de référence), ou que la plupart des productions de l’écurie de Mike Varney, les 4 de Cincinnati nous délivre avec World Gone Mad, un solide album de Heavy Metal. De l’énergique Hell on earth à Welcome to damnation et sa rythmique entêtante, en passant par une reprise réussie de Communication breakdown (Led Zeppelin), CJSS domine son sujet. Living in an exhile clôture admirablement une œuvre ou chaque musicien tient sa place avec maitrise et brio.
 
 
La version disponible ici est amputée de la reprise de Led Zeppelin, Communication breakdown.

Nitrogods

Considérant que le Hard Rock est né dans la seconde moitié des années 60, il a profondément évolué au fil du temps. L’intégration d’influences musicales provenant d’horizons différents (Punk, Rap, Reggae, Jazz, Techno…) a donné naissance à une variété de groupes, et, en caricaturant, autant de styles. Les décennies passant, certains sont malgré tout restés insensibles à toute mode, préférant perpétuer la tradition d’une musique simple et directe, s’appuyant sur les fondamentaux mis en place par les piliers du genre. Nitrogods s’inscrit dans cette lignée d’albums où les musiciens n’inventent rien, mais savent faire parler la poudre. Le gang de Hanovre nous livre un condensé de ses influences, au rang desquelles Motörhead figure en bonne place, sans oublier Status Quo, ZZ Top, Rose Tattoo. Le spectre est large, et vous l’aurez compris, il s’agit ici de Rock ‘N’ Roll sans concession, de celui qui défie les âges. Intemporel, j’adhère !!!
 

NWOBHM

Sorti en 2018, cette compilation montrerait-elle le regain d’intérêt pour un mouvement musical que d’aucuns jugent désuet et passéiste ? Ne perdons pas de vue que la scène britannique des années 80, communément appelée New Wave Of British Heavy Metal, restera une influence majeure pour des groupes de Speed, de Thrash, ou de Black Metal. Metalucifer, Wolf, plus récemment, Night Demon, ont perpétué le style, bon an mal an, défiant toutes les modes avec plus ou moins de succès. Aujourd’hui, succombant à la demande, certaines de ces vieilles gloires britanniques se sont reformées le temps d’un concert ou d’un nouvel album. Pour les béotiens, la liste des formations proposées ici est un juste complément de NWOBHM ’79 Revisited. Les incontournables Raven, Venom, Girlschool et consorts, côtoient les moins médiatisés Crucufixion, Tysondog, Warfare. On regrettera quand même l’absence de Tank, Grim Reaper, Rock Goddess (à la place de Girlschool ?) …
 

Montrose

1973, Ronald Douglas Montrose, musicien de studio émérite et reconnu, décide de voler de ses propres ailes, et fonde un groupe qui portera son nom. Il s’acoquine avec Sammy Hagar, jeune chanteur alors inconnu du grand public et futur Van Halen.  Produit par Ted Templeman (qui s’occupera 4 ans plus tard du premier opus de… Van Halen) et emmené par une section rythmique de feu, ce disque est un condensé de ce qui se fait de mieux en termes de rock lourd à cette époque. De Iron Maiden à Raven en passant par George Lynch, Jake E. Lee ou, plus proche de chez nous, H-Bomb, nombreuses sont les formations qui reprendront certains titres de ce guitariste décédé le 3 mars 2012. Injustement oublié des journalistes et historiens contemporains du Hard/Heavy, Montrose fait partie de ces albums du début des seventies que tout amateur de Hard Rock se devrait de posséder.
 

Mela Ananda

Je ne suis d’ordinaire pas fan de musique instrumentale, pourtant j’ai succombé au charme de My Sleeping Karma. C’était le 21 Juin 2019, sous la tente de la « Valley scene » du Hellfest. Après 40 minutes d’invitation au voyage dans un univers musical hautement psychédélique, faisant référence à l’hindouisme, je repars l’esprit habité par des images oniriques. C’est là toute la force du quartette allemand : nous téléporter dans des contrées que seul l’art nous autorise à atteindre. Fort de cette expérience et histoire de prolonger le plaisir, je me procure Mela Ananda. L’album enregistré à Paris, Anvers et Stuttgart, fait la part belle aux musiciens, au détriment d’une assistance à peine audible (curieux pour un album live). Chacun des acteurs nous délivre sa partition avec une précision redoutable, nous faisant décoller pour une exploration hypnotique de son répertoire. On ferme les yeux, on se laisse transporter, dépaysement garanti.

The Classics: The Maiden Years

Paul Di' Anno : LA VOIX DE MAIDEN. Ceux qui, comme moi, ont découvert la Vierge De Fer au travers de ses deux premiers disques peuvent difficilement me contredire. Bruce Dickinson a certainement contribué à accroitre la popularité du groupe, mais, je trouve ses vocalises souvent pénibles. Alors oui, on peut reprocher à Paul de surfer sur la notoriété de ses ex comparses, mais en comparant les vieux classiques chantés par l’un et par l’autre, le manque d’émotion et le coté clinique de Dickinson contraste avec le feeling de Di’ Anno. C’est donc un vrai plaisir de redécouvrir la quasi intégralité du premier Iron Maiden (seul Transylvania manque à l’appel), complétés par Wrathchild, Murders in the rue morgue, Killers (2eme opus), et Sanctuary et Women in uniform, parus initialement en 45T. Interprétés avec un peu plus de hargne que les originaux, Paul vit sa musique, Bruce ne fait que chanter.

(DLR Band)

Quand David Lee Roth quitte Van Halen en 1985, la formation est alors à son pic de popularité. En moins de dix ans, le fantasque chanteur est devenu un des showman les plus célèbres du monde, une icône du Hard US. Son départ en laisse plus d’un perplexe. En s’entourant de Steve Vai (guitare) et de Billy Sheehan (basse), deux maestros dans leur domaine, il crée pourtant la surprise. Les succès commerciaux de ses deux premiers disques lui donneront provisoirement raison. Sauf que les choses se gâtent quand Vai et Sheehan décident de poursuivre en solo. C’est alors une lente dégringolade. En s’accoquinant, entre autres, avec John Lowery alias John 5 (futur 2wo, Marilyn Manson et Rob Zombie), il sortira (DLR Band) dans un quasi anonymat. C’est regrettable pour un album bien moins commercial que Skyscraper, qui saura satisfaire les adeptes d’Eat ‘Em And Smile ou du premier Van Halen.

NWOBHM '79 Revisited

Quand on parle de Metal, personne ne peut nier les répercussions de la New Wave Of British Heavy Metal, mouvement musical né en grande bretagne fin 70, qui inspirera toute une génération de musiciens. En 1990, allant à l’encontre des modes du moment, Lars Ulrich et Geoff Barton (journaliste musical spécialiste du style) publient cette compilation. Les formations sélectionnées, ont connu diverses fortunes, la plupart ayant disparues sans jamais connaitre le succès. On regrettera la présence de groupes établis comme Venom, Saxon, Iron Maiden, Def Leppard (faut bien vendre) au détriment d’autres qui n’auraient pas démérités : Battleaxe, Atomkraft, Aragorn… Sans surprise, figurent également Diamond Head et Sweet Savage, influences assumées de Metallica. Au chapitre des bonnes découvertes, Weapon, Hollow Ground, A-II-Z, Black Axe, Sledgehammer. Le son peut s’avérer inégal, nous plongeant dans un passé lointain, mais, pour les néophytes curieux ou les nostalgiques cette compil reste une bonne découverte.

Coverkill

L’album de reprises peut être sujet à différentes interprétations : opportunisme musical calculé, ou, choix artistique délibéré d’un groupe voulant partager ses influences parfois éclectiques, avec des fans souvent sectaires. Concernant OverKill, difficile de mettre en doute sa probité musicale. Si la liste des groupes choisis peut sembler classique, les titres proposés le sont moins. Hormis le téléphoné Overkill en ouverture, Bobby Blitz et sa bande nous gratifient de quelques surprises de choix : Changes et Cornocupia de Black Sabbath, I’m against it des Ramones, mais surtout, le très réussi Hymn 43 de Jethro Tull. Petit clin d’œil obligé à la scène New Yorkaise dont ils sont issus, avec l’inattendu Death Tone (Manowar) et le plus conventionnel Deuce. Quand d’autres choisissent les maintes fois repris Anarchy in the UK ou God save the queen, c’est Feelings qui déboule. Space truckin’ et Tyrant complètent fort bien ce Coverkill surprenant et réussi.
 

Burn This Town

Au palmarès des pochettes les plus moches, Battleaxe peut postuler pour la première place aux cotés de Torch ou Riot. L’album a d’ailleurs changé d’illustration à 3 reprises, c’est dire. Attardons-nous maintenant sur le contenu. 1983 : on baigne dans la NWOBHM. Ce qui frappe d’entrée à l’écoute de Burn This Town, c’est la qualité du mix. Chaque instrument est audible, chose rare pour les groupes de cette génération. Dommage que la production manque de puissance. Ready To Deliver, qui ouvre le bal, n’est pas sans rappeler, avec Burn This Town, les premiers albums de Saxon, et, Her Mama Told Her les vieux Judas Priest. Le riff sautillant de Runnin’ Outta Time, s'écarte un peu des poncifs du genre et se laisse écouter en tapant du pied. Hands Off, dont le solo fait penser à ceux de Freebird ou Highway Song, conclu un album pas révolutionnaire, mais agréable à écouter.
 
Troisième illustration de la réédition de 2013

Under The Blade

Twisted Sister existait avant leurs voisins de bac à sable New-Yorkais de Kiss. Là où ces derniers ont réussi à capter l’attention d’un auditoire, sortant un premier album en 1974, la bande à Eddie Ojeda devra attendre huit ans de plus pour graver sa musique sur microsillons (exception faite de deux 45T enregistrés entre 79 et 80). Durant tout ce temps, malgré une réputation grandissante depuis l’arrivée de Dee Snider, son chanteur emblématique, Twisted Sister a du mal à signer avec une maison de disque. C’est sur un petit label britannique que le combo arrive enfin à publier Under The Blade. Injustement catalogué de glam, l’album oscille entre Hard Rock et Heavy Metal, et contient quelques pépites aux refrains accrocheurs très éloignées des mièvreries de Kiss. Ne vous fiez pas au look provocateur, le contenu s’avère bien plus Metal que la dégaine du groupe ne le laisse envisager. A posséder.
 

Vengeance Of Hell

Les années 80 voient la popularité du Heavy Rock s’accroitre à travers le monde. Dans son sillage, un mouvement marginal de musique extrême, le Speed Metal, compte de plus en plus d’adeptes en dépit du manque d’exposition et de soutien que lui accordent les médias audio-visuels et certains magazines soi-disant Rock ‘N' Roll. Deux nations vont se partager l’essentiel de la scène : les Etats-Unis avec Metallica, Anthrax, Slayer (et bien d’autres encore), et l’Allemagne avec Kreator, Sodom, Destruction… C’est dans la patrie de Goethe, que Living Death émerge en 1981. Première cartouche dispensable d’un groupe qui cherche encore son identité musicale, Vengeance Of Hell, est un album de Speed Metal honnête, avec des titres aux riffs accrocheurs et d’autres qui ne cassent pas la baraque. Le vrai point faible de ce disque reste sans doute le chanteur, Thorsten "Toto" Bergmann, dont les vocalises peuvent irriter et finir par lasser.
 

Danger de vie

Quand sort ce deuxième 33 tours de Killers, Bruno Dolheguy a dû faire face à la fronde de ses quatre partenaires de jeu, partis former Titan. Enregistré avant leur départ, aléas du « music business » ou stratégie commerciale délibérée, l’album sortira paradoxalement quelques semaines après celui de ses ex-comparses, sur le même label (Sydney Productions), et souffrant des mêmes carences sonores. L’hymne Heavy metal kids ouvre le bal de fort belle manière suivi de L’assassin, morceau à tiroirs à la mélodie imparable, pièce maitresse de Danger De Vie. S’en suivent l’énergique Bouffon, le dispensable instrumental Parabellum et le speedé Maitre du métal. Cédant à la mode du moment on retrouve l’incontournable et réussie balade Délire de mort. L’album s’achève sur le vindicatif Minorité et le très surprenant et décalé A la santé de Bon (hommage à Bon Scott). Si je devais résumer le match : Killers 1 Titan 0.

Rose Tattoo

Nice Boys
J’ai découvert le groupe Rose Tattoo en 1982 avec le titre Astra Wally. Figurant sur une cassette compilation de plusieurs formations soigneusement sélectionnées par mon oncle, l’électrochoc auditif déclenché par ce morceau fut tel, qu’aujourd’hui je signe mes articles sous ce pseudonyme. Mais revenons à cette galette. Bien plus rageur que les premières productions d’AC/DC, dans un style aux influences à peu près comparables, Angry Anderson et sa bande nous assène en dix banderilles, l’œuvre ultime d’un groupe à la discographie peu fournie. D’une rare violence pour l’époque, Rose Tattoo (le disque) est aussi indispensable pour les adeptes de rock dur, que les plus médiatiques et populaires Machine Head, Toys In The Attic ou Highway To Hell. En 2020, l’album se voit offrir une seconde jeunesse en étant réenregistré sous le titre Outlaws et agrémenté de morceaux supplémentaires. Angry Anderson reste le seul membre survivant ayant participé aux deux versions.

Titan

1986, Killers se voit amputé des quatre cinquièmes de ses membres, laissant Bruno Dolheguy seul aux commandes du groupe basque. De cette séparation naitra Titan qui enregistre dans la foulée son premier album. La production, comme souvent pour les groupes français de l’époque, n’est pas franchement au rendez-vous, et, sans être foncièrement mauvais, on a du mal à accrocher à un disque, qui, après trois premiers titres efficaces, s’essouffle un peu. En comparaison, Danger De Vie de Killers, sorti trois mois plus tard, avec les mêmes musiciens, contient des morceaux plus convaincants dans un registre musical identique. Ironie du sort, Titan ne produira plus rien en studio, sortira un ultime album live et se séparera en 1989, alors que Bruno Dolhéguy et Killers continueront leur petit bonhomme de chemin, envers et contre tous, proposant à ce jour avec dix-sept albums studio, une des discographies les plus fournie du Metal Français.

Too Mean To Die

Too mean to die
Commençons par les choses qui fâchent. Pourquoi ce disque sort sous le nom d’Accept et non pas sous l’étiquette Wolf Hoffmann and friends ? Suite au départ de Peter Baltes, le six-cordiste reste le seul et unique rescapé de la période la plus populaire de la formation allemande. Pourquoi un passage à trois guitaristes ? Ça va devenir le truc à la mode (Iron Maiden, Helloween)? Une fois ceci dit, parlons musique. C’est du Heavy Metal à la Accept. Le groupe reste fidèle à ce qu’il a produit depuis l’arrivée de Mark Tornillo. Ce n’est pas très novateur mais ça reste bougrement efficace. On notera des clins d’œil prononcés vers la musique classique, dont Wolf Hoffmann est un fin connaisseur. Les fans ne seront pas dépaysés, quant à ceux qui critiquent l’aspect conservateur voire passéiste du groupe et encensent Power Up d’AC/DC, un conseil : faites-vous greffer une paire d’oreilles!

Decade Of Agression

 
Decade Of Aggression clôture en beauté une première partie de carrière irréprochable. Slayer à son apogée avec une discographie impressionnante de classiques. On parle ici de Show No Mercy, Hell Awaits (le moins essentiel à mes yeux), Reign In Blood (œuvre ultime du Thrash Metal ?) et des plus nuancés mais incontournables South Of Heaven et Seasons In The Abyss. Enregistré lors de la tournée promotionnelle de ce dernier, on y retrouve pas moins de 8 morceaux sur 21 (ça fait peut-être beaucoup). Araya se démène comme un possédé, se reposant sur les guitares redoutables d’efficacité de la paire Hanneman/King et un Dave Lombardo au jeu de batterie impérial. Faisant figure de best of live, Decade Of Aggression entérine la suprématie d’un groupe au firmament du Thrash Metal. La suite de l’œuvre sera moins percutante, voire même décevante. Départ de Lombardo, décès de Hanneman, le groupe est en roue libre.
 

Metallica

Difficile de critiquer une œuvre dont le succès commercial est indiscutable. Pourtant je n'aime pas ce disque. Hormis Enter sandman, tube qui est à Metallica ce que Smoke on the water est à Deep Purple, les très radiophoniques Nothing else matters et The unforgiven, le reste m'ennuie profondément. Sous la houlette de Bob Rock, le groupe a délaissé ses racines Speed/Thrash au profit d’une musique plus facilement écoutable, en phase avec les attentes d’un grand public qui va propulser le quatuor au rang de star mondiale du Rock. Moi, je n'y trouve pas mon compte. Quitte à écouter du Heavy autant aller voir du côté de Corrosion Of Conformity ou Pantera. Je laisse ce Black Album aux Metalleux en costard cravate qui se sont mis à écouter ce Metallica là, en pensant se donner un côté bad boy et subversif... Kill 'Em All c'est tout ce que j'ai à dire.