Eaten Alive

Nashville Pussy 2022 Eaten Alive
Lemmy Kilmister disait de Nashville Pussy que c’est le dernier grand groupe de Rock And Roll américain en activité. Écumant les scènes du monde entier depuis le milieu des années 90, et après sept livraisons studio, Eaten Alive est leur second album capté en public (en comptant le confidentiel Live In Rennes, France 1998). Depuis les restrictions liées au COVID, nombre de formations ont commercialisé des prestations enregistrées en « livestream », sans auditoire en vis-à-vis. Autant appeler cela un Best Of. Ici c’est de l’authentique, enregistré à Leeds devant de vrais gens qui gueulent, et un groupe qui joue à fond. Low down dirty pig ou Go motherfucker go résument à eux seuls ce qu’est la magie d’un concert et son énergie communicative. A classer aux cotés de If You Want Blood, Double Live Gonzo et No Sleep ‘til Hammersmith. Indispensable après deux ans de frustrations et d’interdictions de spectacles.
 

Persona Non Grata

Exodus 2021 Persona Non Grata
Depuis Tempo Of The Damned sorti en 2004, je dois avouer que l’œuvre discographique d’Exodus n’a pas suscitée chez moi un grand intérêt. Sans être vraiment mauvaises, les dernières productions de ces pionniers du Thrash, n’arrivaient pas à amorcer chez moi, la moindre esquisse de « head banging ». C’est donc avec un petit doute que je pose cette onzième livraison studio sur la platine. L’entame, avec Persona non grata et R.E.M.F. annoncent la couleur et rassurent le papy thrasher que je suis. C’est du bon voire du très bon Exodus qui se profile, avec un Steve Souza bien énervé qui assure ses vocalises rageuses sur des riffs assassins que seul un Gary Holt en pleine forme pouvait nous assener.

Heavy Metal Maniac

Exciter 1983 Heavy Metal Maniac
Qui se souvient du groupe Exciter (patronyme inspiré par le titre de Judas Priest)? Peu de monde sans doute. Pourtant, la formation canadienne fait partie des pionnières en matière de Speed Metal, et a certainement contribué à influencer bon nombre de groupes de Heavy/Speed/Thrash de tout poil. Sorti quelques semaines avant Kill ‘Em All, Heavy Metal Maniac avait de quoi secouer son auditoire : un son brut, sorte de croisement entre Motörhead et Judas Priest, une énergie proche du punk, des riffs simples et accrocheurs emprunts de naïveté juvénile. Le trio d’Ottawa nous offre neuf titres de débauche sonore où les morceaux de bravoure que sont Stand up and fight, Heavy metal maniac, Rising of the dead, côtoient les plus dispensables Iron dogs ou Black witch.  Certes c’est très mal produit, et ça peut paraitre kitsch aujourd’hui, mais une fois ce handicap surmonté, on tient un album culte injustement oublié.
 

Strike

Attentat Rock 1985 Strike
Après un Gang Des Saigneurs prometteur, Attentat Rock signe avec Strike son troisième et dernier disque. Didier Rochette, guitariste chanteur, s’en est allé, remplacé par Fabrice Fourgeaud à la guitare et Marc Quee derrière le micro, entrainant par la même, un changement de style. Jusque-là, les avignonnais évoluaient aux frontières du Hard Rock et du Heavy Metal avec des paroles en français. Avec l’arrivée d’un chanteur anglophone, la formation ambitionne une carrière internationale. Les guitares sonnent plus modernes, se tournant vers des compositions influencées par les nouvelles vagues anglaise et américaine. Loin de démériter par rapport à l’œuvre précédente, l’ensemble fait preuve de maturité et de professionnalisme mais souffre d'un handicap malencontreux : le manque de hargne du chanteur, trop policé à mon gout. Malgré les efforts déployés, l’album restera un semi échec. Pas de strike ici, juste un spare, ce qui en fin de compte n’est pas si mal.
 

Brand New Sin

Brand New Sin 2002 Brand New Sin
Dans les années 90 le Grunge et le Metal Alternatif devaient supplanter le Heavy Metal et le Hard Rock; dans les années 2000, le Neo Metal était censé les reléguer au panthéon des musiques ringardes aux côtés d’Yvette Horner ou de Mireille Mathieu. Mais certains musiciens se sont chargés d’entretenir la flemme d’un rock dur et pêchu, faisant fi des modes et du dictat des directeurs artistiques des grandes maisons de disques, les fameuses « major ». Brand New Sin s’inscrit dans cette lignée de groupes restés fidèles à un style de musique qui emprunte autant au Rock Sudiste, qu’à Black Sabbath ou au Metallica du Black Album. Emmené par un chanteur charismatique à la voix rauque et puissante, des guitares jamais ringardes, un son moderne teinté de références du siècle dernier, la formation de Syracuse a de quoi séduire les fans de Down, C.O.C. ou Black Label Society.