Petits protégés de Kirk Hammet qui a produit leur démo
Kill As One, présentés comme des surdoués précoces lorsqu’ils ont sorti
The Ultra-Violence (1987), les
californiens n’auront pas embrassé le succès qu’ils méritaient. Quatorze ans
après un accident de bus qui a mis à mal leur ascension au firmament du
Thrash Metal,
Death Angel nous revient avec
The Art Of Dying. C’est la quasi-totalité de la formation d’origine (seul le guitariste
Gus Pepa manquant à l’appel) qui enregistre ce quatrième album studio,
reprenant l’histoire là où elle s’était brutalement interrompue avec
Act III. Synthèse de toutes leurs influences, varié dans les tempi,
The Art Of Dying est construit
comme une invitation au voyage. De l’énergique
Thrown to the wolves en ouverture,
à l’audacieux Word to the wise en
clôture, Rob Cavestany démontre qu’il est un guitariste incroyable,
sachant conjuguer technique et feeling, et Marc Osegueda un fabuleux
chanteur de Thrash.
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None Shall Defy
Derrière la naïveté d’une pochette, dont le monstre ferait rigoler un gamin de
4 ans, et un look faisant penser à un groupe de Glam qui aurait copulé
avec Kerry King un soir de pleine lune, se cache une formation à
l'imagerie sataniste dont la musique est tournée vers l’ocultisme. Sorti en
1987, None Shall Defy est à la
croisée des chemins d'un Thrash Metal en pleine mutation, et les
balbutiements du Death Metal. Quand
Anthrax se la joue ‘’fun’’ façon
skateboard/bermuda à fleurs et
Slayer essaie de battre le mur du
son en ‘’riffant’’ toujours plus vite,
Infernal Majesty, originaire de Toronto, préfère les ambiances alambiquées et malsaines,
propres aux films d'épouvante (Night of the living dead). Malgré une production en demi-teinte mais proposant des morceaux aux tempi
variés (None shall defy), agrémentée de passages techniques et mélodiques (R.I.P.), ce disque fait partie des trésors oubliés du Thrash Metal.
Titres recommandés:
S.O.S.
None shall defy
Skeletons in the closet
Mekong Delta
Mekong Delta voit le jour en 1985
en Allemagne, sous l’impulsion de Ralph Hubert, producteur et fondateur du
label Aaarrg Records. Son ambition est de composer une musique
avant-gardiste, rapide, qui surpasse techniquement ce que les autres groupes
de l’époque peuvent proposer. Il s’entoure de musiciens qui partagent sa
vision. Le premier album, sobrement intitulé
Mekong Delta, sort en 1987. Complexes dans leur structure, avec des changements de
rythmes incessants et l’utilisation d’accords dissonants, les morceaux
s’enchaînent avec une rigueur froide et calculée. La musique, estampillée
Techno-Thrash, suscite l’admiration des uns, tandis que d’autres la
juge trop élitiste et destinée exclusivement à un public de musiciens avertis. Le morceau
The hut of Baba Yaga sera utilisé
pour la B.O. du film Docteur M de Claude Chabrol. Une réédition de 2007
comprend trois titres bonus issus du EP
Toccata, dont une reprise de
Balck Betty (Lead Belly),
popularisée par Ram Jam.
Impact Is Imminent
Curieux parcours que celui d'Exodus. Alors que le cultissime
Bonded by blood (1985), lui
prédisait un glorieux avenir au panthéon du Thrash, le groupe restera scotché
derrière ses plus sérieux adversaires, plombé par d'incessants changements de
musiciens. Impact is imminent, sa quatrième production, enregistre le départ de Tom Hunting (membre
fondateur), remplacé derrière les fûts par John Tempesta (technicien batterie
de Charlie Benante). Cet album est intéressant à plus d'un titre, terminant
avec panache une première partie de carrière chaotique. Les futures
réalisations seront loin d’atteindre la qualité de cette galette (exception
faite de Tempo of the damned en
2004). Sans révolutionner le genre, les titres font mouche avec les entêtants
Lunatic parade et
Within the walls of chaos. Le disque se clôture sur un intéressant
Changing of the guard et le très énergique et bien nommé
Thrash under pressure. Du bon Exodus comme il n’en
existera plus avant 2021?
Game Over
1986 : Master Of Puppets, Peace Sells… But Who’s Buying, Reign In Blood, tous sortent en l’espace de quelques mois et vont devenir des œuvres incontournables. C’est dans ce contexte de grosse concurrence que parait Game Over, premier opus de Nuclear Assault. Emmené par deux ex Anthrax, Dan Lilker (basse) et John Connely (guitare/chant), accompagnés de Glenn Evans (batterie) et Anthony Bramante (guitare), le quatuor se démarque de ses contemporains en produisant un Thrash Metal plus agressif, biberonné à la sauce Punk/Hardcore. Si My America ou Hang the pope, d’une durée inférieure à la minute, ont un parfum de S.O.D. (projet alternatif de Lilker), les 7 minutes 16 de Brain death, à l'intro mélodique et la structure travaillée, mettent en avant le potentiel créatif des New-Yorkais. Avec Game Over, Nuclear Assault signe un album prometteur à classer parmi les meilleurs du genre, malheureusement le groupe aura du mal à confirmer.
British Disaster!
Fabulous Exodus! Aux prémices du Thrash, les californiens avaient la réputation d’être le
groupe le plus violent de la scène Metal. On est en 1989, dans une salle
mythique aujourd’hui disparue : l’Astoria de Londres.
Legends Never Die
En Octobre 2010 Yakir Shochat (chanteur), réunit autour de lui à Tel Aviv,
la crème des musiciens de la scène métalleuse locale. Grâce au succès
notable de leur premier EP, le groupe participe et gagne le concours qui
lui permettra de jouer à l’affiche d’un des plus gros festivals européens
: le Wacken Open Air.
Legends Never Die, leur quatrième et ultime production, contient cinq reprises et trois
compositions tirées de leurs trois albums.
Fast as a shark (Accept), Ace of spades (Motörhead), et les moins conventionnels
Soldiers of hell (Running Wild) et No rules (GG Alin) sont bien interprétés. Je suis plus mitigé avec Evil has no bounderies
(Slayer), le chant Black/Death ayant du mal à rivaliser en intensité avec celui
de Tom Araya. Enfin, les trois titres originaux joués dans un registre
Thrash/Death maitrisé mais sans originalité, me laissent de marbre.
Hammercult, disparaitra sans devenir une légende. R.I.P.
The Greater Of Two Evils
Toute sa carrière durant, démarrée en 1981 dans le Queens, Anthrax n’a jamais fait preuve d’une grande stabilité. Les New Yorkais auront usés pas moins de huit chanteurs, dont trois seulement enregistreront avec le groupe. C’est à John Bush que revient le privilège de pousser la chansonnette sur The Greater Of Two Evils. Le vocaliste, officiant également avec Armored Saint, doit se confronter au répertoire de ces deux prédécesseurs, Neil Turbin et Joe Belladonna, en réenregistrant 14 morceaux choisis par les fans sur internet. Si l’idée semblait bonne, le résultat m’a quelque peu déçu, John Bush n’arrivant pas à me convaincre. Les titres, réarrangés pour l’occasion, sonnent plutôt bien, avec les parties de batteries remarquables de Charlie Benante et les rythmiques saignantes de Scott Ian, mais un manque de feeling, lorsqu’il s’agit à Rob Caggiano, malgré sa maitrise technique, de retranscrire les soli de Dan Spitz. Aurait pu mieux faire.
Sentence Of Death
Quand sort Ride The Lightning, une meute de jeunes loups pousse derrière
Metallica, s’apprêtant à donner ses lettres de noblesses au Thrash Metal estampillé
Bay Area. Sur le vieux continent, le Heavy britannique, emmené par
Saxon, Iron Maiden, Judas Priest, règne en maitre. C’est d’Allemagne que sonnera le réveil européen, dans un
style bien plus radical que celui pratiqué outre atlantique.
Sentence Of Death parait en 1984.
Malgré sa dispensable introduction,
Total disaster prouve que
Destruction n’a pas à rougir de la
comparaison avec ce que l’on peut entendre sur
Show No Mercy. Le passage hispanisant de
Black mass, démontre une certaine aisance technique confirmée par le grand classique
Mad butcher. Plus convenu, Satan’s revenge, dont le final rappelle
Phantom lord, reste acceptable quand
Devil’s soldier clôture sans
génie, un mini LP essentiel qui jette les bases d’un Thrash à l’européenne.
Dans le sillage de
Destruction émergeront
Sodom et
Kreator…
Pochette alternative de la version US
Show No Mercy
Après de longs mois de fatigue mentale et de panne intellectuelle, je reprends mon clavier pour vous parler d’une œuvre qui vient de célébrer son quarantième anniversaire : Show No Mercy. Sorti quelques mois à peine après Kill ‘Em All, Slayer nous délivre une musique vindicative mariant la vélocité de Metallica à la brutalité primale du trio de Newcastle upon Tyne : Venom. Si cette première galette est moins prisée que Reign In Blood, elle jette les bases d’un Thrash Metal dont Slayer restera un des rares représentant intègre toute sa carrière durant. Les influences d’Iron Maiden et Judas Priest ne sont pas encore totalement digérées, mais King et Hanneman nous délivrent des riffs assassins accompagnés par un Tom Arraya hurlant ses lignes vocales comme un possédé, le tout rythmé par un monstre de la batterie : Dave Lombardo. Quarante ans après, ce disque reste un incontournable brûlot qui a plutôt bien vieilli.
Power Of Inner Strength
En 1992, Dave lombardo quitte une première fois
Slayer, fâché avec ses compagnons de jeu. La réputation du bonhomme aidant (il est
considéré comme un des meilleurs batteurs Metal du moment, si ce n’est le
meilleur), il ne va pas tarder à monter un nouveau projet. En 1993 il
s’acoquine avec Waldemar Sorychta (guitariste et producteur) pour former
Grip Inc., complétant le casting avec Gus Chambers (chant) et Jason Viebrooks (basse).
Le raz de marée minimaliste du Grunge, au début de la décennie, a relégué le
Thrash au chapitre des faire valoir de la musique rebelle et antisystème, le
plongeant dans un coma artificiel. En 1995,
Power Of Inner Strength nous en
sort brièvement, en nous offrant 41 minutes d’un Thrash novateur, aux
sonorités alambiquées, modernes et groovy, porté par la hargne vocale de Gus
Chambers et le jeu inspiré d’un Dave Lombardo impérial. Puissant et
dévastateur, à découvrir !!!
The Wayward Sons Of Mother Earth
A l’origine de Skyclad, on trouve des musiciens bien établis sur la scène britannique : Martin
Walkyer, chanteur et parolier de talent (qui vient de mettre un terme à sa
collaboration avec Sabbat), Steve Ramsey (guitare) et Graeme English (basse) en provenance de
Pariah/Satan. Si Skyclad est considéré comme
le pionnier du Folk Metal,
The Wayward Sons Of Mother Earth
s’inscrit plutôt dans un registre Thrash Metal aux mélodies bien senties. Il
faut attendre
The widdershins jig et son riff
entêtant, pour se laisser entrainer dans une ambiance folk moyenâgeuse,
envouté par la mélodie imparable distillée par le violon et la flute.
L’ensemble des morceaux fait la part belle au phrasé si particulier de Martin
Walkyer, espèce de chant incantatoire d’un gourou maléfique, haranguant ses
adeptes lors d’un rituel initiatique. Agrémenté de deux passages acoustiques
et d’une balade que ne renierai pas
Manowar, cette première livraison est une vraie réussite.
Suck cocks in hell
Adepte de poésie pastorale ou de romantisme lyrique fuyez. Ici point de
bluette. C'est du lourd.
Shitfucker ne fait pas dans la
dentelle, mais dans le gros rouge qui tache. Le nom du groupe fallait déjà
oser, mais si on ajoute un logo des plus douteux et le contenu de la pochette,
le gang de Détroit joue la provoc à fond. Quid de la musique ? C’est un
bouillonnant mélange de punk, black et metal, les influences revendiquées par
le groupe allant de G.B.H. à
Venom en passant par
Motörhead. Les compositions restent minimalistes, fidèles aux formations susnommées.
La production « vintage » et sans fioriture nous renvoie dans les années 80
(Welcome to hell) avec parfois quelques arrangements comiques (Sex dungeon). Les plaisanteries les plus courtes étant les moins longues, le meilleur
(ou le pire c’est selon) de
Shitfucker nous est dispensé ici
en 34 minutes de débauche lubrico-satanique.
Harsh Realities
1990 : la vague Grunge n’a pas encore déferlé sur le microcosme de la musique Heavy. Le Hair Metal est à son pic de popularité, alors que le Thrash commence déjà à s’essouffler. Musicalement beaucoup plus radical, le Death attire de plus en plus les fans de musique extrême, rebutés par les succès commerciaux de leurs idoles de la première heure : Metallica et Megadeth. C’est donc dans un contexte musical quelque peu défavorable que Bitter End sort son premier album. Plutôt bien accueillie par les critiques, la musique des frères Fox, qualifiée de Techno-thrash, a de fortes réminiscences de Megadeth, incorporant une dose de Funk par ci et un peu de Rap par là. Sans démériter, Harsh Realities (produit par Randy Burns), n’a pas suscité chez moi autant d’intérêt et d’attention que les productions de Testament ou Death Angel. Après sept années d’existence, Bitter End se séparera en 1992.
Surf Nicaragua
Sacred Reich voit le jour en 1985,
à Phoenix. Groupe culte des eighties, la bande à Phill Rind n’arrivera
cependant pas à se hisser au rang des incontournables stars du Thrash que sont
Slayer, Anthrax ou
Metallica. Bien plus engagé politiquement que ses contemporains, le groupe n’a aucune
filiation avec une quelconque idéologie nazie.
Surf Nicaragua, réquisitoire véhément contre l’administration Reagan, ouvre la bal de cet
EP 4 titres (dans sa version vinyle) suivi de
One nation, titre axé sur le jeu de batterie de Greg Hall. Une très bonne reprise de
War pigs démarre la face B avant
que Draining you of life, qui n’est
pas sans rappeler Whiplash, vienne nous achever. La version CD est agrémentée de
Ignorance et
Death squad, deux classiques enregistrés en public. Court mais intense,
Surf Nicaragua reste un bon moyen
de découvrir un quatuor peu médiatisé et sous-estimé.
Persona Non Grata
Depuis Tempo Of The Damned sorti en 2004, je dois avouer que l’œuvre discographique d’Exodus n’a pas suscitée un grand intérêt de ma part. Sans être vraiment mauvaises, les dernières productions de ces pionniers du Thrash, n’arrivaient pas à amorcer chez moi, la moindre esquisse de « head banging ». C’est donc avec un petit doute que je pose cette onzième livraison studio sur la platine. L’entame, avec Persona non grata et R.E.M.F. annoncent la couleur et rassurent le papy thrasher que je suis. C’est du bon voire du très bon Exodus qui se profile, avec un Steve Souza bien énervé qui assure ses vocalises rageuses sur les riffs assassins que seul un Gary Holt en pleine forme pouvait nous assener. Et si les californiens reprenaient le trône de maitre du Thrash laissé vacant par le départ à la retraite anticipée d’un Slayer à bout de souffle créatif?
Riding Another Toxic Wave
From the famous mighty Nancy Bay Area scene, may I introduce you the ass
kicker and brain killer :
Illegal Corpse… Ooops !!! Mais qu’est-ce qu’il m’arrive ? Me voilà atteint « d’anglicite »
aiguë, alors que la formation est un pur produit du pays des fromages qui
puent. Pourtant, en écoutant
Riding Another Toxic Wave, rien ne nous invite à pressentir l’origine de ce Thrash/Crossover, bien
produit, bien mixé, qui contraste énormément avec ce que les formations
hexagonales ont pu proposer quelques décennies en arrière. Chant rageur
accompagné de riffs tranchants et rapides, dont certaines rythmiques font
indubitablement penser à Slayer, les nancéiens nous délivrent 13 brûlots de Crossover sans concession, d’une
intensité invitant au mosh. Sans révolutionner un genre peu enclin au lyrisme
symphonique, Illegal Corpse est
capable de rivaliser avec n’importe quels groupes américains, maitres
incontestés du genre. N’hésitez pas à encourager notre patrimoine culturel,
achetez ce disque.
Coverkill
L’album de reprises peut être sujet à différentes interprétations :
opportunisme musical calculé, ou, choix artistique délibéré d’un groupe
voulant partager ses influences parfois éclectiques, avec des fans souvent
sectaires. Concernant OverKill, difficile de mettre en doute sa probité musicale. Si la liste des groupes
choisis peut sembler classique, les titres proposés le sont moins. Hormis le
téléphoné Overkill en ouverture,
Bobby Blitz et sa bande nous gratifient de quelques surprises de choix :
Changes et
Cornocupia de
Black Sabbath, I’m against it des
Ramones, mais surtout, le très réussi
Hymn 43 de
Jethro Tull. Petit clin d’œil obligé à la scène New Yorkaise dont ils sont issus, avec
l’inattendu Death Tone (Manowar) et le plus conventionnel Deuce. Quand d’autres choisissent les maintes fois repris
Anarchy in the UK ou
God save the queen, c’est Feelings qui déboule.
Space truckin’ et
Tyrant complètent fort bien ce
Coverkill surprenant et réussi.
Decade Of Agression
Decade Of Aggression clôture en
beauté une première partie de carrière irréprochable.
Slayer à son apogée avec une
discographie impressionnante de classiques. On parle ici de
Show No Mercy, Hell Awaits (le moins essentiel
à mes yeux), Reign In Blood (œuvre
ultime du Thrash Metal ?) et des plus nuancés mais incontournables
South Of Heaven et
Seasons In The Abyss. Enregistré lors de la tournée promotionnelle de ce dernier, on y retrouve
pas moins de 8 morceaux sur 21 (ça fait peut-être beaucoup). Araya se démène
comme un possédé, se reposant sur les guitares redoutables d’efficacité de la
paire Hanneman/King et un Dave Lombardo au jeu de batterie impérial. Faisant
figure de best of live,
Decade Of Aggression entérine la
suprématie d’un groupe au firmament du Thrash Metal. La suite de l’œuvre sera
moins percutante, voire même décevante. Départ de Lombardo, décès de Hanneman,
le groupe est en roue libre.
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