Panzer Surprise!

Ultra Vomit 2017 Panzer Surprise
Ultra Vomit fait partie des formations hexagonales qui ont contribué à populariser la musique Metal dans un pays où Rap et Pop règnent en maîtres. S’appuyant sur des thématiques absurdes et universelles, les Nantais sont arrivés avec l’album Panzer Surprise!, à toucher un public plus large que ce que le Grindcore de leurs débuts aurait pu laisser envisager. Doté d’une énergie communicative, les musiciens s’attaquent avec brio et maîtrise à tout ce que le Metal peut compter comme styles : du Hard Rock d’AC/DC (Jésus), au Death Metal d’Entombed (Entooned), en passant par le Metal Industriel de Rammstein (Kammthaar) et le Groove Metal de Pantera (Pink Pantera). Les références sont nombreuses, y compris dans les textes, avec des clins d’œil à Maïté (La bouillie), au cinéma (E-Tron), à la bière (Keken).  Doté d’une production et d’un son énormes, Panzer Surprise! sera certifié disque d’or, chose assez rare pour être soulignée.


Ultra Vomit 2017 Panzer Surprise 
Pochette alternative de la réédition de 2020 agrémentée d'un DVD bonus


Baron Al Rojo Vivo

Baron Rojo 1984 Baron Al Rojo Vivo
Barón Rojo fait partie des légendes du Hard Rock espagnol. Formé en 1980 par les frères Armando et Carlos de Castro, ce sera le premier groupe ibérique à connaitre le succès hors de ses frontières (le quatuor se produira au prestigieux festival de Reading en 1982). Pièce angulaire de leur discographie, souvent oublié des spécialistes, Baron Al Rojo Vivo, enregistré lors d’une série de deux concerts dans leur fief madrilène, est à classer parmi les meilleurs live de la décennie. La formation y est au sommet de son art et de sa popularité, délivrant une prestation énergique, bourré de feeling, et interprétant grand nombre de classiques : Las flores del mal, Concierto para ellos, Résistiré, le tonitruant Los rockeros van al infierno, point d’orgue de leur prestation devant un public surchauffé. Seul bémol de cet album incontournable, le blanc qui sépare chaque morceau, nuit quelque peu à la dynamique. Dommage!

Unrest In The West

Black Sabbitch 2025 Unrest In The West
Depuis de nombreuses années déjà, les ‘’tribute bands’’ fleurissent. On ne compte plus les concerts hommage aux formations disparues, mais aussi plus curieusement, à d’autres bien vivantes comme AC/DC ou Metallica. Certains de ces groupes décrochent des premières parties sur la tournée de têtes d’affiche renommées, comme les filles de The Iron Maidens, qui ont accompagné Accept sur leur virée européenne de 2023. Formé en 2012 par Angie Scarpa (batterie), Black Sabbitch écume les scènes du monde entier et rencontre un certain succès en s’attaquant au répertoire de… Black Sabbath. S’attirant les faveurs des critiques, et devant l’insistance des fans, le quatuor 100% féminin se décide à sortir Unrest In The West. Capté dans leur fief de Los Angeles, le quatuor ne joue pas la carte de la facilité, en reprenant avec panache des titres pas forcément connus du grand public. C’est bien fait, avec feeling, et la magie opère.

Mekong Delta

Mekong Delta 1987 Mekong Delta
Mekong Delta voit le jour en 1985 en Allemagne, sous l’impulsion de Ralph Hubert, producteur et fondateur du label Aaarrg Records. Son ambition est de composer une musique avant-gardiste, rapide, qui surpasse techniquement ce que les autres groupes de l’époque peuvent proposer. Il s’entoure de musiciens qui partagent sa vision. Le premier album, sobrement intitulé Mekong Delta, sort en 1987. Complexes dans leur structure, avec des changements de rythmes incessants et l’utilisation d’accords dissonants, les morceaux s’enchaînent avec une rigueur froide et calculée. La musique, estampillée Techno-Thrash, suscite l’admiration des uns, tandis que d’autres la juge trop élitiste et destinée exclusivement à un public de musiciens avertis. Le morceau The hut of Baba Yaga sera utilisé pour la B.O. du film Docteur M de Claude Chabrol. Une réédition de 2007 comprend trois titres bonus issus du EP Toccata, dont une reprise de Balck Betty (Lead Belly), popularisée par Ram Jam.

Load

Metallica 1996 Load
Si Load avait été composé par toute autre formation que Metallica, nul doute qu’il eut été mieux accueilli. Fan du groupe depuis le début, j’ose faire partie de ceux qui défendent le successeur d’un Black Album que je déteste. En s’écartant définitivement de la scène Thrash, les ‘’Four Horsemen’’ produisent ici leur disque le plus téméraire, synthèse de leurs influences diverses. Papa Het n’a jamais caché son goût pour la musique Country ou le Rock Sudiste que l’on retrouve notamment sur Mama said. Kirk Hammett n’hésite pas à enfiler un bottleneck sur Bleeding me ou The outlaw thorn. Des énergiques Ain’t my bitch et Wasting my hate, en passant par le groovy 2x4, Metallica se renouvelle et se met en danger. Amputé de deux ou trois titres plus dispensables, avec un James Hetfield au top de sa maitrise vocale, ce sixième album aurait pu devenir une référence de musique Hard/Heavy.

Blood Of The Nations

Accept 2010 Blood Of The Nations
La carrière d’Accept, chef de file du Metal teutonique, a toujours été émaillée de profondes turbulences qui ont abouti à plusieurs séparations et autant de reformations. En 2009, Udo Dirkshneider, son emblématique chanteur, préférera privilégier sa carrière solo plutôt que de repartager la scène avec un Wolf Hoffmann dont il ne peut plus encadrer le portrait en peinture. Qu’à cela ne tienne, le (désormais) grand chauve, accompagné de Peter Baltes et d’Herman Frank (ces trois-là et Udo, ont quand même écrit ensemble Restless And Wild, manifeste absolu en matière de Heavy Metal), recrute Marc Tornillo, ex T.T. Quick (formation culte américaine  passée aux oubliettes). Le résultat de cette collaboration, Blood Of The Nations, marque le grand retour d’Accept sur le devant de la scène, dans son style caractéristique du début des années 80. La voix éraillée de Tornillo fait merveille arrivant à nous faire oublier avec persuasion son omnipotent prédécesseur.

No Life 'Til Leather (A Tribute To Metallica's Kill 'Em All)

2025 No life 'till leather (A tribute to Metallica's Kill 'em all)
S’attaquer au monument qu’est Kill ‘Em All n’est pas chose aisée, tant ce disque a pu marquer toute une génération de ‘’Metalheads’’. Le résultat s’avère décevant malgré la présence de formations émérites qui ont grandement influencé Lars & Co. Tailgunner ouvre les hostilités de manière acceptable avec un Hit the lights bien envoyé, mais le chant soporifique de Ricky Warwick (The Almighty) sur The four horsemen fait retomber instantanément la pression. Que font les suédois de Soen (Motorbreath) sur cette galette? Jump in the fire est interterprété par les innatendus vétérans de Tygers Of Pan Tang, qui s'en sortent avec honneur. (Anesthesia) Pulling teeth, est quant à lui, défiguré par l’ambition de David Ellefson. Vouloir rendre hommage au génie de Cliff Burton est une chose, en avoir le talent en est une autre. La démonstration est indigeste et dénuée de toute d'émotion. Un massacre! Motörhead, dont j'attendais mieux, interprète un Whiplash moyen (j’ai préféré leur reprise d’Enter sandman). Difficile ensuite aux pionniers de la N.W.O.B.H.M. de relancer la machine. Ils assurent le job, mais sans sensibilité particulière. Saxon avec Phantom lord et Diamond Head avec No remorse rendent une copie trop convenue. J’aurais aimé un Testament plus ambitieux sur Seek and destroy. Heureusement le salut vient de la folie de Raven, qui clôture magistralement ce disque moyen, avec un Metal Militia faisant honneur à la fougue juvénile d’un album vieux de 42 ans.