Blue Cheer ne parle peut-être plus
à grand monde, pourtant le trio est à l'origine de ce que l'on appelle
communément (péjorativement ?) du Metal. Catalogué groupe le plus
bruyant du monde en son temps, il se démarque de ses contemporains, drainant
une réputation de bagarreur par opposition au mouvement ‘’Flower power’’ et
son discours ‘’Peace and love’’. Porté par les Hells Angels, incarnant un côté
‘’bad boys’’,
Blue Cheer pratiquait un
Blues suramplifié, violent dans l’attitude, et vocalement agressif.
Junk est l’œuvre posthume d’une
formation dont le fondateur, Dickie Peterson, nous a quitté en Octobre
2009. Easy rider, unique inédit, ouvre une compilation de reprises, honorant
Grand Funk Railroad, The Doors, Jimi Hendrix, Janis Joplin et
The Rolling Stones. Une version demo de
No relief (2007) et
Summertime blues, enregistré lors de leur dernier concert, clôturent cet hommage dont le
point d’orgue est un
Sympathy for the devil
d’enthologie.
Good God Baad Man
Il aura fallu huit ans d’attente avant que Woody Weatherman et Pepper Keenan nous gratifient de ce Good God/Baad Man. Doté d’une production ‘’vintage’’, qui sied parfaitement au style, Corrosion Of Conformity passe en revue toutes les facettes de ses influences, allant du Hardcore de ses origines, au Rock Sudiste et au Heavy Metal. Le riff de Gimme some moore n’est pas sans rappeler Fuel (Metallica), tandis que l’ombre de Black Sabbath plane sur Run for your life, et celle de Soundgarden sur Lose yourself. L’ensemble est magnifié par le travail ‘’groovy‘’ et tout en finesse de Stanton Moore, dont le jeu de batterie est particulièrement mis en avant. On voyage de Lynyrd Skynyrd (Baad man), à Led Zeppelin (Mandra sonos) ou ZZ Top (Handcuff county), pour finir avec une touche Gospel sur Forever amplified. Good God/Baad Man meilleur album de cette première moitié de 2026? Je le pense!
... And You?
26 mars 2026 :
Another one bites the dust (*).
Le Temps poursuit son œuvre, inexorablement, effaçant petit à petit toutes
ces figures, célèbres ou plus obscures, qui ont rythmé notre passage
ici-bas. Ross ‘’The Boss’’ Friedman, guitariste et membre fondateur
de Manowar, vient de nous quitter. Il serait injuste de cantonner sa carrière à celle
de simple bretteur du quartette New Yorkais. Pionnier du punk américain avec
The Dictators, il participera à d’autres projets, dont
Shakin Street. En 1989, il retourne à ses premiers amours, rejoignant ses anciens
comparses punks pour enregistrer
…And You? , unique témoignage
discographique de
Manitoba’s Wild Kingdom. The party starts now annonce
la couleur d’un Rock qualifié de High Energy. Epaulé par
Handsome Dick Manitoba (Richard Blum), pendant punk de
Dee Snider, Ross nous gratifie de quelques fulgurances, aux
antipodes du True Metal prôné par
Manowar. R.I.P.
(*) Encore un qui mord la poussière.
Permission To Land
Tel un ‘’O.M.N.I.‘‘ (*) traversant la galaxie Néo Metal et
la nébuleuse Metalcore des années 2000,
Permission To Land atterri au
milieu de nulle part, sans crier gare. Fondé par les frères
Hawkins,
The Darkness distille un
Hard Rock jovial et sautillant qui contraste allègrement avec
l’ambiance introspective et dépressive initiée par le Grunge,
véhiculée ensuite par des formations comme
Korn ou
Slipknot. Anachronique de par sa musique et son image kitsch, le quatuor est la
synthèse d’un AC/DC croisant
le fer avec Queen. La qualité des compositions met tout le monde d’accord. Le succès
fulgurant, propulse les Anglais sur le devant de la scène internationale.
The Darkness remet le sens de
la fête et le Hard Rock/Glam au gout du jour avec un talent
certain, sans se prendre au sérieux, mais, foudroyé par cette soudaine
notoriété, la chute fut tout aussi brutale.
(*) OMNI = Objet Musical Non Identifié.
Are You Experienced
En 1966, la carrière de James Marshall Hendrix est en pleine ascension.
Le jeune guitariste noir débarque à Londres sous l’égide de
Chas Chandler et enregistre
Are You Experienced. Mélangeant rock dur, Blues et psychédélisme, le gaucher à la
stratocaster révolutionne à jamais l’histoire du Rock. Si, aujourd’hui,
son influence est moins revendiquée par la jeune génération de musiciens, son
impact reste présent dans le Metal des années 80/90.
Coroner, Six Feet Under, Ministry (et bien d’autres),
reprendront Puple haze. Kirk Hammet, adepte de la Wah-Wah popularisée par Jimi,
s’amuse parfois à jouer quelques notes de
Third stone from the sun ou
Red house comme intermède solo
lors des concerts de Metallica. Yngwie Malmsteen, Steve Vai et
Joe Satriani s’attaqueront à
Foxy Lady. Au début des années 2000, à contre-courant des tendances musicales,
Radio Moscow et son
Stoner psychédélique, perpétue l’héritage du Voodoo Chile. Le
Hard Rock commence ici !
None Shall Defy
Derrière la naïveté d’une pochette, dont le monstre ferait rigoler un gamin de
4 ans, et un look faisant penser à un groupe de Glam qui aurait copulé
avec Kerry King un soir de pleine lune, se cache une formation à
l'imagerie sataniste dont la musique est tournée vers l’ocultisme. Sorti en
1987, None Shall Defy est à la
croisée des chemins d'un Thrash Metal en pleine mutation, et les
balbutiements du Death Metal. Quand
Anthrax se la joue ‘’fun’’ façon
skateboard/bermuda à fleurs et
Slayer essaie de battre le mur du
son en ‘’riffant’’ toujours plus vite,
Infernal Majesty, originaire de Toronto, préfère les ambiances alambiquées et malsaines,
propres aux films d'épouvante (Night of the living dead). Malgré une production en demi-teinte mais proposant des morceaux aux tempi
variés (None shall defy), agrémentée de passages techniques et mélodiques (R.I.P.), ce disque fait partie des trésors oubliés du Thrash Metal.
Titres recommandés:
S.O.S.
None shall defy
Skeletons in the closet
Eat 'Em And Smile
Guerres d’égo, divergences artistiques, en 1985 rien ne va plus chez
Van Halen. Le divorce est prononcé entre
David Lee Roth et une formation au
sommet de sa gloire (succès interplanétaire de l’album
1984). L’emblématique chanteur, fort de l’accueil triomphal de
Crazy From The Eat (et la
reprise de Just a gigolo), recrute des musiciens quasi inconnus du grand public :
Billy Sheehan, bassiste de
Talas, Steve Vai, ex guitariste de Frank Zappa,
Gregg Bissonette, batteur de studio. Tout ce beau monde enregistre
Eat ‘Em And Smile, un incontournable du Big Rock U.S. Vai éclabousse de son
talent Yankee rose et
Tobacco road, et Sheehan prouve qu’il n’a rien à envier à son compère six-cordiste
(Shy boy, Elephant gun). L’énergie, l’humour, le côté festif, si chers à 'Diamond Dave',
alliés à la virtuosité des intervenants,
Eat ‘Em And Smile surclasse
allègrement le 5150 de
Van Halen. Pari osé, pari gagné!
Van Halen
Dans les années 60, James Marshall Hendrix, fait entrer la guitare dans une autre dimension, à coup de fuzz et de wah-wah, suscitant des vocations chez plusieurs générations d’apprentis hard rockers. Onze ans après ses premiers pas discographiques, un nouveau séisme vient secouer durablement la planète rock : la première production de Van Halen. Prenez un guitariste virtuose, une section rythmique pachydermique, un chanteur exubérant capable de chanter le blues sur Ice cream man, ou se la jouer soul/crooner sur Little dreamer, et vous obtenez une succession de classiques enregistrés en à peine trois semaine, sous la direction de Ted Templeman. Dès le second morceau, le bien nommé Eruption, on a compris qu’Eddie vient de marquer durablement d’une empreinte indélébile le milieu de la guitare, en en redéfinissant les règles. Pour couronner le tout, le quatuor se réapproprie You really got me qui atomise la version originale de The Kinks.
Holy Diver
1983 est une année charnière en matière de Metal.
L’apparition du Speed d’un côté, avec les ardents énervés de
Metallica et Slayer
(le terme Thrash Metal arrivera plus tard), et l’émergence du
Glam, avec Mötley Crüe et
son Shout At The Devil, vont bouleverser quelque peu notre paysage musical. Face à cette meute de
jeunes loups affamés, certaines institutions commencent à vaciller.
Black Sabbath, monument en péril depuis le départ d’Ozzy Osbourne, doit son salut
provisoire à Ronald James Padavona, chanteur américain officiant
précédemment dans Rainbow. L’idylle avec Tony Iomi ne durera que le temps de trois albums,
avant que le vocaliste ne claque la porte pour s’émanciper sous le patronyme
de Dio. A la croisée des chemins entre les deux formations
sus-citées, Holy Diver, restera comme un chef d’œuvre de Heavy Metal, porté par un
chanteur hors norme et un talentueux jeune guitariste, en la personne de
Vivian Campbell.
Panzer Surprise!
Ultra Vomit fait partie des
formations hexagonales qui ont contribué à populariser la musique
Metal dans un pays où Rap et Pop règnent en maîtres.
S’appuyant sur des thématiques absurdes et universelles, les Nantais sont
arrivés avec l’album
Panzer Surprise!, à toucher un public plus large que ce que le Grindcore de leurs
débuts aurait pu laisser envisager. Doté d’une énergie communicative, les
musiciens s’attaquent avec brio et maîtrise à tout ce que le Metal peut
compter comme styles : du Hard Rock d’AC/DC
(Jésus), au Death Metal d’Entombed (Entooned), en passant par le Metal Industriel de
Rammstein (Kammthaar) et le Groove Metal de
Pantera (Pink Pantera). Les références sont nombreuses, y compris dans les textes, avec des clins
d’œil à Maïté (La bouillie), au cinéma (E-Tron), à la bière (Keken). Doté d’une production et d’un son énormes,
Panzer Surprise! sera certifié disque d’or, chose assez rare pour être soulignée.
Pochette alternative de la réédition de 2020 agrémentée d'un DVD bonus
Baron Al Rojo Vivo
Barón Rojo fait partie des
légendes du Hard Rock espagnol. Formé en 1980 par les frères Armando et
Carlos de Castro, ce sera le premier groupe ibérique à connaitre le succès
hors de ses frontières (le quatuor se produira au prestigieux festival de
Reading en 1982). Pièce angulaire de leur discographie, souvent oublié des
spécialistes, Baron Al Rojo Vivo, enregistré lors d’une série de deux concerts dans leur fief madrilène, est
à classer parmi les meilleurs live de la décennie. La formation y est au sommet
de son art et de sa popularité, délivrant une prestation énergique, bourré de
feeling, et interprétant grand nombre de classiques :
Las flores del mal, Concierto para ellos, Résistiré, le tonitruant
Los rockeros van al infierno, point d’orgue de leur prestation devant un public surchauffé. Seul bémol de
cet album incontournable, le blanc qui sépare chaque morceau, nuit quelque peu
à la dynamique. Dommage!
Unrest In The West
Depuis de nombreuses années déjà, les ‘’tribute bands’’ fleurissent. On ne
compte plus les concerts hommage aux formations disparues, mais aussi plus
curieusement, à d’autres bien vivantes comme AC/DC ou Metallica. Certains de
ces groupes décrochent des premières parties sur la tournée de têtes d’affiche
renommées, comme les filles de The Iron Maidens, qui ont accompagné Accept sur
leur virée européenne de 2023. Formé en 2012 par Angie Scarpa (batterie),
Black Sabbitch écume les scènes du monde entier et rencontre un certain
succès en s’attaquant au répertoire de… Black Sabbath. S’attirant les faveurs
des critiques, et devant l’insistance des fans, le quatuor 100% féminin se
décide à sortir Unrest In The West. Capté dans leur fief de Los Angeles, le
quatuor ne joue pas la carte de la facilité, en reprenant avec panache des titres
pas forcément connus du grand public. C’est bien fait, avec feeling, et la magie opère.
Mekong Delta
Mekong Delta voit le jour en 1985
en Allemagne, sous l’impulsion de Ralph Hubert, producteur et fondateur du
label Aaarrg Records. Son ambition est de composer une musique
avant-gardiste, rapide, qui surpasse techniquement ce que les autres groupes
de l’époque peuvent proposer. Il s’entoure de musiciens qui partagent sa
vision. Le premier album, sobrement intitulé
Mekong Delta, sort en 1987. Complexes dans leur structure, avec des changements de
rythmes incessants et l’utilisation d’accords dissonants, les morceaux
s’enchaînent avec une rigueur froide et calculée. La musique, estampillée
Techno-Thrash, suscite l’admiration des uns, tandis que d’autres la
juge trop élitiste et destinée exclusivement à un public de musiciens avertis. Le morceau
The hut of Baba Yaga sera utilisé
pour la B.O. du film Docteur M de Claude Chabrol. Une réédition de 2007
comprend trois titres bonus issus du EP
Toccata, dont une reprise de
Balck Betty (Lead Belly),
popularisée par Ram Jam.
Load
Si Load avait été composé par toute autre formation que Metallica, nul doute qu’il eut été mieux accueilli. Fan du groupe depuis le début,
j’ose faire partie de ceux qui défendent le successeur d’un
Black Album que je déteste. En
s’écartant définitivement de la scène Thrash, les ‘’Four Horsemen’’ produisent
ici leur disque le plus téméraire, synthèse de leurs influences diverses. Papa
Het n’a jamais caché son goût pour la musique Country ou le Rock Sudiste que
l’on retrouve notamment sur
Mama said. Kirk Hammett n’hésite pas à enfiler un bottleneck sur
Bleeding me ou
The outlaw thorn. Des énergiques Ain’t my bitch
et Wasting my hate, en passant par le groovy 2x4, Metallica se renouvelle et se
met en danger. Amputé de deux ou trois titres plus dispensables, avec un James
Hetfield au top de sa maitrise vocale, ce sixième album aurait pu devenir une
référence de musique Hard/Heavy.
Blood Of The Nations
La carrière d’Accept, chef de file du Metal teutonique, a toujours été émaillée de profondes turbulences qui ont abouti à plusieurs séparations et autant de reformations. En 2009, Udo Dirkshneider, son emblématique chanteur, préférera privilégier sa carrière solo plutôt que de repartager la scène avec un Wolf Hoffmann dont il ne peut plus encadrer le portrait en peinture. Qu’à cela ne tienne, le (désormais) grand chauve, accompagné de Peter Baltes et d’Herman Frank (ces trois-là et Udo, ont quand même écrit ensemble Restless And Wild, manifeste absolu en matière de Heavy Metal), recrute Marc Tornillo, ex T.T. Quick (formation culte américaine passée aux oubliettes). Le résultat de cette collaboration, Blood Of The Nations, marque le grand retour d’Accept sur le devant de la scène, dans son style caractéristique du début des années 80. La voix éraillée de Tornillo fait merveille arrivant à nous faire oublier avec persuasion son omnipotent prédécesseur.
No Life 'Til Leather (A Tribute To Metallica's Kill 'Em All)
S’attaquer au monument qu’est Kill ‘Em All n’est pas chose aisée, tant ce disque a pu marquer toute une génération de ‘’Metalheads’’. Le résultat s’avère décevant malgré la présence de formations émérites qui ont grandement influencé Lars & Co. Tailgunner ouvre les hostilités de manière acceptable avec un Hit the lights bien envoyé, mais le chant soporifique de Ricky Warwick (The Almighty) sur The four horsemen fait retomber instantanément la pression. Que font les suédois de Soen (Motorbreath) sur cette galette? Jump in the fire est interterprété par les innatendus vétérans de Tygers Of Pan Tang, qui s'en sortent avec honneur. (Anesthesia) Pulling teeth, est quant à lui, défiguré par l’ambition de David Ellefson. Vouloir rendre hommage au génie de Cliff Burton est une chose, en avoir le talent en est une autre. La démonstration est indigeste et dénuée de toute d'émotion. Un massacre! Motörhead, dont j'attendais mieux, interprète un Whiplash moyen (j’ai préféré leur reprise d’Enter sandman). Difficile ensuite aux pionniers de la N.W.O.B.H.M. de relancer la machine. Ils assurent le job, mais sans sensibilité particulière. Saxon avec Phantom lord et Diamond Head avec No remorse rendent une copie trop convenue. J’aurais aimé un Testament plus ambitieux sur Seek and destroy. Heureusement le salut vient de la folie de Raven, qui clôture magistralement ce disque moyen, avec un Metal Militia faisant honneur à la fougue juvénile d’un album vieux de 42 ans.
Inscription à :
Commentaires (Atom)
-
Il aura fallu huit ans d’attente avant que Woody Weatherman et Pepper Keenan nous gratifient de ce Good God/Baad Man . Doté d’u...
-
En 1966, la carrière de James Marshall Hendrix est en pleine ascension. Le jeune guitariste noir débarque à Londres sous l’é...
-
26 mars 2026 : Another one bites the dust (*). Le Temps poursuit son œuvre, inexorablement, effaçant petit à peti...




















