Restless And Wild

Accept 1982 Restless And Wild
1982 c’est l’année où l’Allemagne nous offre, avec deux de ses représentants les plus emblématiques, deux albums essentiels : Blackout (Scorpions) et Restless And Wild. Si Scorpions est déjà bien établi sur la scène internationale, Accept commence à tutoyer le succès avec Breaker (1981) et la tournée qui s’en suivit, assurant la première partie de Judas Priest. Avec ce quatrième opus, Udo Dirckschneider et consort rentrent de plein pied dans l’histoire du Heavy Metal. Passé l’intro qui fit polémique en son temps (*), Fast as a shark ouvre le bal sur un tempo frénétique et Princess of the dawn le clôture avec brio. Entre ces deux chefs d’œuvre, des titres efficaces, Restless and wild, Ahead of the pack, Flash rockin man, côtoient des morceaux plus dispensables (Get ready, Demon’s night), mais qu’importe. Accept marque définitivement l’histoire.

(*) Ein Heller und ein Batzen est une vieille chanson du folklore populaire allemand.

Accept 1982 Restless And Wild
Pochette alternative

Made In Japan

Deep Purple 1972 Made In Japan
A la fin des années 60 et au début des 70, trois formations britanniques s’accaparent l’attention des fans de rock lourd : Led Zeppelin, Black Sabbath et Deep Purple. En l’an de grâce 1972, le ‘’Pourpre Profond’’ domine de la tête et des épaules ses deux rivaux, sortant coup sur coup deux albums de légende : Machine Head et Made In Japan. Ce dernier reste l’un des meilleurs enregistrements en public de l’histoire du rock, garantie sans retouche. Ritchie Blackmore y excelle de virtuosité et de précision. Child in time, et le duel mémorable guitare/voix de Strange kind of women mettent en exergue un Ian Gillan au sommet de son art. Ian Paice y va de son petit solo de batterie, et Jon Lord martyrise comme jamais son orgue Hammond sur Space Truckin. Le succès phénoménal de Made In Japan, lancera la grande mode des ‘’double live’’ enregistrés au Japon.

Deep Purple 1972 Made In Japan
Pochette alternative (originale de l'édition de 1972)


Junk

Blue Cheer 2025 Junk
Blue Cheer ne parle peut-être plus à grand monde, pourtant le trio est à l'origine de ce que l'on appelle communément (péjorativement ?) Metal. Catalogué groupe le plus bruyant de la planète en son temps, il se démarque de ses contemporains, drainant une réputation de bagarreur par opposition au mouvement ‘’Flower power’’ et son discours ‘’Peace and love’’. Porté par les Hells Angels, incarnant un côté ‘’bad boys’’, Blue Cheer pratiquait un Blues suramplifié, violent dans l’attitude, et vocalement agressif. Junk est l’œuvre posthume d’une formation dont le fondateur, Dickie Peterson, nous a quitté en Octobre 2009. Easy rider, unique inédit, ouvre une compilation de reprises, honorant Grand Funk Railroad, The Doors, Jimi Hendrix, Janis Joplin et The Rolling Stones. Une version demo de No relief (2007) et Summertime blues, enregistré lors de leur dernier concert, clôturent cet hommage dont le point d’orgue est un Sympathy for the devil d’enthologie.

 

Good God Baad Man

Corrosion Of Conformity 2026 Good God Baad Man
Il aura fallu huit ans d’attente avant que Woody Weatherman et Pepper Keenan nous gratifient de ce Good God/Baad Man. Doté d’une production ‘’vintage’’, qui sied parfaitement au style, Corrosion Of Conformity passe en revue toutes les facettes de ses influences, allant du Hardcore de ses origines, au Rock Sudiste et au Heavy Metal. Le riff de Gimme some moore n’est pas sans rappeler Fuel (Metallica), tandis que l’ombre de Black Sabbath plane sur Run for your life, et celle de Soundgarden sur Lose yourself. L’ensemble est magnifié par le travail ‘’groovy‘’ et tout en finesse de Stanton Moore, dont le jeu de batterie est particulièrement mis en avant. On voyage de Lynyrd Skynyrd (Baad man), à Led Zeppelin (Mandra sonos) ou ZZ Top (Handcuff county), pour finir avec une touche Gospel sur Forever amplifiedGood God/Baad Man meilleur album de cette première moitié de 2026? Je le pense!

... And You?

Manitoba's Wild Kingdom 1990 ...And You
26 mars 2026 : Another one bites the dust (*). Le Temps poursuit son œuvre, inexorablement, effaçant petit à petit toutes ces figures, célèbres ou plus obscures, qui ont rythmé notre passage ici-bas. Ross ‘’The Boss’’ Friedman, guitariste et membre fondateur de Manowar, vient de nous quitter. Il serait injuste de cantonner sa carrière à celle de simple bretteur du quartette New Yorkais. Pionnier du punk américain avec The Dictators, il participera à d’autres projets, dont Shakin Street. En 1989, il retourne à ses premiers amours, rejoignant ses anciens comparses punks pour enregistrer …And You? , unique témoignage discographique de Manitoba’s Wild Kingdom. The party starts now annonce la couleur d’un Rock qualifié de High Energy. Epaulé par Handsome Dick Manitoba (Richard Blum), pendant punk de Dee Snider, Ross nous gratifie de quelques fulgurances, aux antipodes du True Metal prôné par Manowar. R.I.P.

(*) Encore un qui mord la poussière.