Permission To Land

The Darkness 2003 Permission To Land
Tel un ‘’O.M.N.I.‘‘ (*) traversant la galaxie Néo Metal et la nébuleuse Metalcore des années 2000, Permission To Land atterri au milieu de nulle part, sans crier gare. Fondé par les frères Hawkins, The Darkness distille un Hard Rock jovial et sautillant qui contraste allègrement avec l’ambiance introspective et dépressive initiée par le Grunge, véhiculée ensuite par des formations comme Korn ou Slipknot. Anachronique de par sa musique et son image kitsch, le quatuor est la synthèse d’un AC/DC croisant le fer avec Queen. La qualité des compositions met tout le monde d’accord. Le succès fulgurant, propulse les Anglais sur le devant de la scène internationale. The Darkness remet le sens de la fête et le Hard Rock/Glam au gout du jour avec un talent certain, sans se prendre au sérieux, mais, foudroyé par cette soudaine notoriété, la chute fut tout aussi brutale.

(*) OMNI = Objet Musical Non Identifié.

Are You Experienced

En 1966, la carrière de James Marshall Hendrix est en pleine ascension. Le jeune guitariste noir débarque à Londres sous l’égide de Chas Chandler et enregistre Are You Experienced. Mélangeant rock dur, Blues et psychédélisme, le gaucher à la stratocaster révolutionne à jamais l’histoire du Rock. Si, aujourd’hui, son influence est moins revendiquée par la jeune génération de musiciens, son impact reste présent dans le Metal des années 80/90. Coroner, Six Feet Under, Ministry (et bien d’autres), reprendront Puple haze. Kirk Hammet, adepte de la Wah-Wah popularisée par Jimi, s’amuse parfois à jouer quelques notes de Third stone from the sun ou Red house comme intermède solo lors des concerts de Metallica. Yngwie Malmsteen, Steve Vai et Joe Satriani s’attaqueront à Foxy Lady. Au début des années 2000, à contre-courant des tendances musicales, Radio Moscow et son Stoner psychédélique, perpétue l’héritage du Voodoo Chile. Le Hard Rock commence ici !

Jimi Hendrix 1967 Are You Experienced
Pochette alternative de la réédition de 1997

None Shall Defy

Infernal Majesty 1987 None Shal Defy
Derrière la naïveté d’une pochette, dont le monstre ferait rigoler un gamin de 4 ans, et un look faisant penser à un groupe de Glam qui aurait copulé avec Kerry King un soir de pleine lune, se cache une formation à l'imagerie sataniste dont la musique est tournée vers l’ocultisme. Sorti en 1987, None Shall Defy est à la croisée des chemins d'un Thrash Metal en pleine mutation, et les balbutiements du Death Metal. Quand Anthrax se la joue ‘’fun’’ façon skateboard/bermuda à fleurs et Slayer essaie de battre le mur du son en ‘’riffant’’ toujours plus vite, Infernal Majesty, originaire de Toronto, préfère les ambiances alambiquées et malsaines, propres aux films d'épouvante (Night of the living dead). Malgré une production en demi-teinte mais proposant des morceaux aux tempi variés (None shall defy), agrémentée de passages techniques et mélodiques (R.I.P.), ce disque fait partie des trésors oubliés du Thrash Metal.

Titres recommandés:

   S.O.S.
   None shall defy
   Skeletons in the closet

Eat 'Em And Smile

David Lee Roth 1986 Eat 'Em And Smile
Guerres d’égo, divergences artistiques, en 1985 rien ne va plus chez Van Halen. Le divorce est prononcé entre David Lee Roth et une formation au sommet de sa gloire (succès interplanétaire de l’album 1984). L’emblématique chanteur, fort de l’accueil triomphal de Crazy From The Eat (et la reprise de Just a gigolo), recrute des musiciens quasi inconnus du grand public : Billy Sheehan, bassiste de Talas, Steve Vai, ex guitariste de Frank Zappa, Gregg Bissonette, batteur de studio. Tout ce beau monde enregistre Eat ‘Em And Smile, un incontournable du Big Rock U.S. Vai éclabousse de son talent Yankee rose et Tobacco road, et Sheehan prouve qu’il n’a rien à envier à son compère six-cordiste (Shy boy, Elephant gun). L’énergie, l’humour, le côté festif, si chers à 'Diamond Dave', alliés à la virtuosité des intervenants, Eat ‘Em And Smile surclasse allègrement le 5150 de Van Halen. Pari osé, pari gagné!