Badmotorfinger

Soundgarden 1991 Badmotorfinger
Badmotorfinger, troisième album de Soundgarden, a le tort de sortir quelques semaines après Ten de Pearl Jam et Nevermind de Nirvana. Bien que faisant référence au même style musical, le Grunge, et issues du même creuset culturel, Seattle, ces trois œuvres majeures du Metal Alternatif (comme on les qualifiait aussi) n’ont pas grand-chose en commun. Plus faciles à promouvoir avec des chansons plus accessibles au plus grand nombre, Pearl Jam et Nirvana bénéficieront d’une attention toute particulière de la 'très désintéressée' et omnipotente chaîne musicale MTV. Soundgarden, aux racines plus ancrées dans le Metal avec des titres musicalement plus complexes, était plus laborieux à vendre dans une Amérique en plein changement culturel. Guidé par un Chris Cornell aux capacités vocales bien supérieures à ses deux homologues, et par le très sous-estimé mais génial guitariste Kim Thayil, Soundgarden devra attendre Superunknown, pour s'attirer les faveurs du grand public et des médias.
Rédaction 100% Intelligence Naturelle A.W.

Morbid Tales

Celtic Frost 1984 Morbid Tales
Des cendres incandescentes d’un Hellhammer honni par les critiques naquit Celtic Frost, pionnier indiscutable d’un Metal Extrême dont il allait devenir l’étendard. Loin de la technique supersonique d'un Slayer ou d'un Exodus, le trio Suisse, sans être composé de virtuoses, va compenser ses lacunes en jouant sur l'atmosphère répétitive et monolithique de ses riffs, couplée à l'apport de sonorités inattendues : des voix féminines (Return to the Eve), du violon ou encore des bruitages étouffants dignes de séries B (Danse macabre). Avec Into the crypts of rays, on s'approche de la fureur d'un Motörhead ou d'un Venom, mais avec une différence notable : l’alternance entre cavalcades ultra-rapides et séquences poisseuses, proches du Doom. L'esthétique et la vision artistique du groupe laisseront une trace indélébile, influençant grandement le Death Metal américain et la vague Black Metal norvégienne des années 90, qui s’inspirera notamment de leur look pour généraliser le ‘corpse paint’.
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Nevermind

Nirvana 1991 Nevermind
Raaah, le Grunge ! Censé balayer l'ordre établi, son âge d'or aura duré à peine plus longtemps que le passage d’une comète dans le ciel de Seattle. L’Amérique post-Reagan est en pleine tempête : récession, surendettement, crise du pétrole sur fond de guerre au Koweït... C’est dans ce contexte déprimant que débarque Nirvana. La jeunesse américaine désabusée se raccroche aussitôt à l’urgence et l’authenticité viscérale qui se dégagent de Nevermind. Smells like teen spirit devient l’hymne d'une génération ayant grandi devant MTV et qui ne se retrouve plus dans les artifices hypocrites véhiculés par le Hair Metal. Engoncé dans un jean troué et une chemise à carreaux sortie d’un surplus militaire, abrité derrière une section rythmique pachydermique et trois accords de guitare incisifs, Cobain balance sa hargne d’une voix geignarde, critiquant un système qui fera pourtant de Nirvana sa plus grande star... et de Kurt sa victime la plus célèbre.
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Live And Dangerous

Thin Lizzy 1978 Live And Dangerous
Trônant fièrement aux côtés de Made In Japan et If You Want Blood, Live and Dangerous s'impose sans peine au panthéon des albums live du hard rock, témoignage indispensable d’un Thin Lizzy qui n’aura pas su conquérir l’Amérique. Capturé entre Londres et Toronto, l’enregistrement met en valeur Scott Gorham et Brian Robertson, une paire de guitaristes érigeant l’art du 'double-lead' (guitares jumelles) au rang de religion, ouvrant la voie à toute une génération de groupes, d'Iron Maiden à Metallica. Épaulé par un Brian Downey à la frappe chirurgicale, Phil Lynott, en maître de cérémonie, irradie l’assistance de ses lignes de basse groovy (Dancing in the moonlight), captivant la foule par sa voix chaloupée teintée de mélancolie (Still in love with you). Jailbreak et The boys are back in town prennent ici une tout autre dimension que leur pendant studio, et si vous aviez des doutes, Massacre et Suicide vous achèveront.
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Goliath

Exodus 2026 Goliath
Exodus c’est un peu comme une recette de cuisine : on part d’une base solide et, en fonction des assaisonnements et des humeurs, on obtient un résultat frisant la réussite gastronomique ou, au contraire, une bouffe insipide servie chez un restaurateur peu inspiré - pas vomitif mais pas transcendant pour les papilles non plus. A force de servir de second de cuisine au sein de la brigade Slayer post-Hanneman, Gary Holt, master chef d’Exodus, a su agrémenter quelques-uns de ses plats d’adjuvants empruntés dans la popote d’à côté, sans pour autant convaincre. Remplacer un ingrédient aussi essentiel que Steve ‘Zetro’ Souza par le substitut Rob Dukes, retire un peu de piquant à l’ensemble. Sans être de la junk-food immangeable, il n’y a pas de quoi se taper le cul par terre une fois ingérées les 54 minutes de ce Goliath juste comestible, assez éloigné du dîner presque parfait.
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